Codex : présentation (D. Péricard-Méa / L. Mollaret)

 

                                                  Le Codex Calixtinus, Des textes à la gloire de Compostelle

                                                               Denise Péricard-Méa / Louis Mollaret

                                                              Fondation David Parou Saint-Jacques

 

  http://www.saint-jacques-compostelle.info/attachment/176784/  

 

 

  Le Codex Calixtinus, Un manuscrit conservé à la cathédrale de Compostelle

  - Le manuscrit de Compostelle tel qu’il se présente aujourd’hui :

  - 250 folio, 4 enluminures, 291 initiales, 16 capitales en couleur.

 

                                    

 

                                    

 

  Le Codex Calixtinus, Un assemblage de textes antérieurs, tous en latin

  - Ce manuscrit contient des textes qui lui sont antérieurs et dont chacun existe en plusieurs versions.

  - Ce sont des sermons et prières, des récits de miracles, des récits à caractère historique ou des légendes, un texte relatif au pèlerinage.

  - Chacun de ces textes a eu sa vie propre en dehors de son édition (sa copie) dans le Codex Calixtinus.

 

  Composition actuelle du Codex Calixtinus

  - Livre I sermons et liturgie

  - Livre II miracles de saint Jacques

  - Livre III translation de saint Jacques,

  - Livre IV Chronique de Turpin

  - Livre V "de saint Jacques apôtre" (titré Guide du pèlerin lors de sa traduction en 1938)

 

  Les premiers textes, VIIe et VIIIe siècles, Saint Jacques en Occident

  - Au VIIe siècle arrivent en Irlande les Bréviaires des apôtres selon lesquels :

  "Jacques, fils de Zébédée, frère de Jean, celui qui prêche l’Evangile ici en Hibérie et dans d’autres contrées occidentales"

  - Mais Hibernie ou Hibérie désignent aussi bien l’Irlande que l’Espagne, au VIIIe siècle, l’Espagne s’approprie saint Jacques dont elle fait son patron

 

   IXe-Xe siècles, naissance de Compostelle

  - Récits de l’Invention du tombeau et de la Translation de saint Jacques

 

                                                   

 

  XIe - XIIe siècle, des textes plus nombreux

  - Diffusion mal connue des récits de la Translation et de l’Invention du tombeau

  - 1075 Note émilienne, première mention de Roland mort à Roncevaux

  - 1130 assemblage de 22 récits de miracles

  - 1130 embryons du Livre V

  - 1150 Chronique de Turpin

  - 1150 Constitution de Livres de miracles rassemblant ces éléments

  - 1160 seconde version de Turpin

 

   Constitution du Codex Calixtinus

 

                                                                 

 

  - 1155-1160, à Vézelay, différents auteurs "compilent" ces textes. Ils les rassemblent et les copient, en faisant éventuellement des ajouts ou des suppressions.

  - 1160-1161, à Cluny, écriture et enluminures des cinq Livres du Codex.

 

  Pourquoi ce travail ?

  - Ce manuscrit est au service et à la gloire de Compostelle.

  - Il traduit les liens traditionnels de la Bourgogne et de la Galice.

  - Alphonse VIII, roi de Castille, Leon et Galice (1155-1214) est l’arrière-petit-fils de Raymond de Bourgogne.

 

   Le Codex Calixtinus répond-il à une commande ?

  - En 1162 Cluny envoie l’ensemble à Aix-la-Chapelle pour l’empereur Frédéric Barberousse.

  - Il est comte de Bourgogne par son mariage en 1156 avec Béatrice de Bourgogne.

  - A cette date, Frédéric Barberousse vient d’être excommuniépar le pape Alexandre III.

  - Cluny le soutient dans ce conflit.

  - Aucun document n’explique cet envoi, mais l’histoire du manuscrit se poursuit.

  - Le Codex est complété et embelli à Aix-la-Chapelle.

 

   Finitions à Aix-la-Chapelle

                                     

  - Insertion du Turpin entre les Livres III et IV

  - Création de deux images utilisant la page blanche de la fin du Livre III

  - Reliure

 

  D’Aix-la-Chapelle à Compostelle

  - En 1164 l’empereur fait don du Codex Calixtinus à la cathédrale de Compostelle.

  - Il est apporté par l’archevêque de Mayence.

 

  Pourquoi ce don?

  - Hommage à Compostelle et soutien à Alphonse VIII ?

  - Souhait d’alliance dans l’affaire du schisme papal ?

  -  Invitation à la canonisation de Charlemagne ?

 

   Intérêt du Codex Calixtinus pour Alphonse VIII (1155-1214)

  - Réaffirmer sa filiation avec Charlemagne, comme l’avaient fait Alphonse VI et Alphonse VII

  - Donner du poids à la Chronique d’Alphonse VII qui rappelait le couronnement de son grand-père en 1135

  - Mais cela arrive trop tard…

 

   Le Codex Calixtinus oublié

  - Il n’a jamais été utilisé

  - 3 copies de prestige en ont été faites au XIVe siècle (Vatican, Séville, Salamanque)

  - Fin XVIe ou début XVIIe, le Turpin est enlevé.

  - Mais ce récit a eu une vie propre très importante.

  - C’est lui qui a fait connaître la légende de Compostelle

 

   La vie indépendante du Turpin

  

                                                

 

  Le Turpin, Un manuscrit très diffusé

  - Plus de 300 manuscrits en Europe

  - L’abbaye de Saint-Denis plus ou mêlée à la diffusion

  - De nombreuses chansons de geste, poèmes et romans (Chanson de Roland, l’Entrée d’Espagne, Orson de

Beauvais), hagiographie (saint Thibaut), généalogie (duc de Bourgogne, comtes de Savoie) y font référence.

 

  Le Turpin en France

  - 1274, inclus dans les Grandes chroniques de France, à la demande de saint Louis, gendre d’Alphonse VIII. Ce document est considéré comme véridique jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

  - 1365 Charles V fait réaliser un sceptre sur lequel figurent plusieurs scènes de la l’histoire de Charlemagne telle que la raconte le Turpin.                                                                     

  - Charles X a été le dernier roi de France à utiliser ce sceptre

                                                              

 

  - Sceptre, Le Songe de Charlemagne

 

                                        

 

  Sceptre, Les lances fleuries

 

                                          

 

  Sceptre, Mort de Charles - Saint Jacques avec son bourdon sauve l’âme de Charlemagne guettée par des démons.

 

                                        

 

  Le Codex Calixtinus aujourd’hui

  - 1879-1882, exhumation des archives par le père Fita, édition (en latin) du dernier Livre du Codex Calixtinus.

  - 1884, authentification des reliques par Léon XIII, Bulle (Deus Omnipotens).

  - 1938, traduction en français de l’ouvrage du père Fita, sous le titre Guide du pèlerin.

  - 1962-1966, restauration, réintégration du Turpin.

  - Camino francés élément du Patrimoine historique national espagnol

  - 2003, traduction intégrale par Bernard Gicquel à l’initiative de la Fondation.

 

   Le Codex Calixtinus réduit à son dernier Livre

  - Inconnu avant 1882, le Codex Calixtinus est surtout connu aujourd’hui par le Guide du pèlerin, souvent confondu avec l’ensemble, alors qu’il en constitue le 1/10e environ.

  1975, original

                                                 

 

   1993, fac simile

                                               

 

  1938, le Livre V

                                                   

 

  Le Codex Calixtinus en librairie

  - 1993, fac-simile à 3000€

  - 2003, unique traduction intégrale en français, 27€,

 

                                                         

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                                                          delhommeb at wanadoo.fr -  22/12/2012