Meunier (Père Michel) : Chemin personnel

 

   Chemin personnel vécu vers Compostelle

Du 7 août  au 5 octobre 2007, par Michel Meunier, prêtre de Paris

 

“Béni soit le Seigneur, Ô mon âme,

N’oublie aucun de ses bienfaits.

Bénis le Seigneur, Ô mon âme,

Bénis le Seigneur à jamais.”

 

Je suis heureux de partager avec vous ce que j’ai reçu sur ce chemin.

 

D’abord parce que la joie cela se partage. Ensuite parce que je me doute que ce que j’ai reçu, ce n’est pas que pour ma joie à moi. Le Christ sait si tel ou tel y trouvera une lumière pour lui.

Je perçois cependant combien parler de mon bonheur peut être dur à entendre pour ceux qui aujourd’hui sont éprouvés, et n’y trouvent pas accès aujourd’hui pour eux-mêmes. N’est-ce pas indécent ? Puisse cependant ce témoignage leur rendre un peu d’espérance, être comme une étoile qui s’allume. Moi-même, je ne voyais pas avant comment la trouver.

Et puis je crois que, ce bonheur, il est enfoui en nous, et qu’il naît et renaît quand nous avons enfin accès à notre cœur. C’est là qu’il y a une source, souvent très enfouie ou obstruée par des pierres, des blessures, depuis très longtemps. Mais chacun a bien un cœur, une source.

Enfin, je me suis demandé si envoyer ce texte n’était pas me mettre trop en avant. Peut-être, mais ce que j’ai trouvé, je l’ai reçu des autres et de Dieu. C’est pour moi une évidence. Et c’est donc plus en allant vers les autres et vers Dieu que vous pourrez trouver la source.

 

Je suppose aussi que les autres, chrétiens ou non, ont besoin de savoir ce qu’il y a dans le cœur d’un prêtre.

 

Il est bien comme le leur, avec ses endurcissements et sa soif d’aimer. Il est habité aussi par le désir de permettre à d’autres de connaître Jésus, celui dont il est dit: "des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur". (Jean 7, 37-38).

Depuis déjà longtemps, je n’étais pas vraiment heureux, et peu à peu la cause s’est éclaircie pour moi.

Je ne vivais pas vraiment ma vie d’homme et de prêtre avec le cœur. Et j’en vins à me demander si je n’étais pas handicapé du cœur. Certes, tout marchait à peu près, ma paroisse tournait bien. Mais où était l’amour dans tout ce que je faisais ? Si je n’étais pas plus nourri par mes activités au long des jours, cela venait peut-être de là.

Maintenant, j’en suis sûr, c’est le Christ qui a creusé en moi cette douleur, et qui m’a permis de l’exprimer comme un cri. Il réveillait ainsi en moi le meilleur, et me donnait de croire que quelque chose d’autre était possible dès aujourd’hui. Lors d’un temps de prière m’est venue l’idée de demander une année sabbatique pour pouvoir retrouver la source. Le premier lieu où je demandais à aller était la communauté de l’Arche de Jean Vanier, communauté accueillant des handicapés mentaux, selon l’esprit de l’Evangile. Le témoignage d’un volontaire m’avait touché le cœur. Il disait combien ce lieu était pour lui une source, par sa profonde humanité. On y vit avec le cœur, dans le cœur de Dieu. Les handicapés nous humanisent et nous font revenir à l’essentiel.

Mon évêque, Mgr Vingt-Trois, a accepté au bout de six mois ma demande d’année sabbatique, malgré les problèmes que cela lui posait: il fallait me remplacer comme curé d’une paroisse de Paris de 43.000 habitants. Cette année était aussi payée (ce qui ne se fait pas dans le civil). Du coup, cette année à venir devenait pour moi un don du Christ et de l’Eglise. Ils me faisaient confiance.

 

Ceci acquis, vint pour moi l’idée de faire le chemin de Compostelle.

 

Comme beaucoup d’autres, je ne saurais pas bien expliquer pourquoi, mais ce fut comme une sorte d’appel intérieur. Peut-être comme l’appel de Dieu à Abraham, qui se renouvelle sans cesse dans le cœur des hommes "Quitte ton pays et va vers un pays que je te montrerai". (Genèse 12/1). C’est aussi l’appel que lance tout père  à son enfant bien-aimé pour qu’il ose faire ses premiers pas…

Je savais ce que je cherchais: un renouvellement du cœur. Mais comment cela allait-il pouvoir se faire ? Je n’en savais strictement rien. Je préparais seulement mes jambes à ce périple de 1600 km, du Puy en Velay à Compostelle, et mes paroissiens se chargèrent de m’offrir tout le matériel. Ainsi, je pourrais les emporter dans mon sac, ou plutôt dans mon cœur…

Me voici donc au départ le 7 août 2007.

Au terme du chemin, je suis étonné, plus émerveillé, par tout ce que m’a donné Jésus-Christ. Il me semble que je peux discerner sur ce chemin comme trois temps, qui s’enrichissent les uns les autres.

 

Le premier temps: sur le chemin, bien dans mon corps et dans mon cœur.

 

Très vite, j’ai retrouvé le plaisir de la marche; tout ce qu’elle vous apporte (voir mon texte joint: "Marcher, pour revivre"). J’avais l’impression de retrouver mes jambes de jeunesse, quand je faisais de la montagne. Et à la fin de cette marche, j’en vois encore mieux les fruits: retrouver son corps en pleine forme, plus musclé et moins graisseux vous fait aimer votre corps. Je suis admiratif de ce dont il est capable, pour autant qu’on le respecte et l’écoute. Il sait vous alerter quand vous le maltraitez… il est capable de faire 2 millions de pas (1600 km), et de vous faire arriver en bien meilleure forme que vous n’êtes parti !

Je suis aussi parti libre, sans avoir de groupe à animer, de rôle à jouer, de mission à assurer. Je pouvais faire le chemin pour moi-même, comme j’avais envie, au jour le jour. Cette liberté est un beau cadeau de ceux que j’avais quittés, de l’Eglise et du Christ. Tous ceux qui partent avec l’accord de leurs proches, à qui ils vont pourtant manquer, font cette expérience de cadeau.

Je me suis vite senti proche par le cœur de ceux que j’avais quittés, retrouvant comment la prière pouvait m’unir à eux, alors que je n’en prenais pas suffisamment le temps depuis longtemps. Proche aussi de ceux avec qui je marchais. Des gestes de fraternité ou des échanges simples et forts se mettaient en place, au gré des rencontres. J’étais déjà nourri, comme je vous l’ai dit dans mes premières lettres.

Mais si j’étais bien dans ma tête et dans mon cœur, c’est aussi parce que je ne ressentais plus du tout ce sentiment latent de ne pas être comme j’aurais dû être, qui depuis si longtemps me déprimait. J’ai éprouvé une fois de plus combien le regard du Christ sur nous n’a pas grand-chose à voir avec le regard que nous portons sur nous-mêmes. D’ailleurs, dans la Bible, l’accusateur, ce n’est jamais Dieu. C’est Satan, que l’on appelle l’accusateur de ses frères. Et clin d’œil pour moi, devinez qui combat Satan dans la Bible: c’est Saint Michel archange !

Dès lors, les antidépresseurs que je pensais poursuivre par sécurité devinrent vraiment inutiles. Quand le bonheur est là, au jour le jour, dans la simplicité, quelle joie ! Je me suis alors aperçu aussi que mes relations devenaient plus faciles, plus directes, et que j’arrivais à exprimer nettement plus facilement mes sentiments.

 

2ème temps : le bonheur d’être prêtre

 

Dès le début, j’étais heureux dans les échanges de dire que j’étais prêtre. Non pas pour me définir socialement ou religieusement, mais parce que c’est mon être. Cela n’a pas créé de barrières, me semble-t-il, avec qui que ce soit, y compris avec ceux qui ne partagent pas ma foi. Tous étaient étonnés qu’un prêtre puisse avoir une année sabbatique, mais comprenaient très bien que nous pouvions avoir un besoin vital de nous ressourcer.

La force des partages avec les personnes rencontrées sur la route m’a transformé. Peut-être que le beau témoignage du père Ihidoy "Accueillir tout pèlerin" m’y avait préparé (voir en pièce jointe).

La photo "Merci mes amis du chemin" jointe vous en évoque un certain nombre qui ont compté pour moi. Une confiance s’établissait. Les personnes me confiaient souvent des choses fortes de leur vie ou de leur foi. Qu’elles soient croyantes ou non, je percevais plein de gens en chemin intérieur, ouvertes, souvent courageuses, étonnées elles-mêmes d’être sur ce chemin et de ce qui se passait en elles. Une fraternité profonde entre nous s’établissait. Je crois que j’ai pu en aider un certain nombre dans leur discernement, leur regard sur leur vie, la foi ou l’église. Et c’est là que j’ai éprouvé un  bonheur renouvelé d’être prêtre, de pouvoir accompagner des personnes dans leur chemin de vie ou de foi, joyeux ou douloureux, et de pouvoir prier avec elles ou pour elles, comme le font d’ailleurs bien d’autres pèlerins après des échanges forts. J’ai été marqué aussi par les blessures profondes venant de l’Eglise, des gens ayant l’impression d’être jugés par elle ou pas écoutés, et n’ayant pas trouvé en elle ce qu’ils cherchent. Vient alors tout un travail pour les aider à comprendre et à aimer l’Eglise malgré tout, au lieu de la fuir, et à passer de la critique, peut-être fondée, à une attitude constructive.

 

Le bonheur fut renouvelé ou confirmé par le fait que plusieurs me remercièrent pour ce que je leur avais apporté. L’important n’était pas le merci, mais le fait qu’ils me confirmaient dans la certitude que je pouvais leur donner la vie, alors que j’en étais venu à en douter et me demandais si je n’étais pas devenu stérile.

Cela renouvelait aussi le sens de mon célibat et de la chasteté. Quand les autres nous donnent de pénétrer leur cœur, cela suppose un grand respect, une vraie chasteté, et cela nourrit notre cœur et nous donne envie de nous donner. On ne s’attache pas une personne, on la détache, pour que son cœur puisse être libre, et notre cœur reste libre pour d’autres.

Je voudrais remercier particulièrement les jeunes de 23-30 ans qui m’ont fait confiance, et qui ont été les plus directs pour me parler de ce qu’ils avaient dans le cœur vis-à-vis de leurs familles, de leurs copines, de leur avenir, de Dieu et de l’Eglise. Plusieurs d’ailleurs n’avaient aucune attente religieuse. Cela ne nous a pas empêché de nous rencontrer profondément, et de parler de la vie et de la foi en profondeur. Belle ouverture de leur part !

Leur rencontre a été très importante pour moi, car ils me redonnaient confiance en moi. Depuis quelques années, je cherchais de moins en moins à les rencontrer, surtout tous ceux qui ne fréquentaient pas l’Eglise, ne me sentant plus trop capable de les rejoindre. Ils m’ont révélé aussi leur soif, et qu’effectivement il leur manque souvent des repères fondamentaux, et ils cherchent la lumière pour pouvoir construire leur vie. Mais ils ont une belle capacité venue de leur coeur à discerner si ce qu’ils disent eux-mêmes, ou ce qu’on leur dit, est authentique ou trop superficiel.

Merci à tous ceux qui m’ont fait mieux prendre conscience aussi des trésors que moi-même et d’autres nous avons reçu par l’expérience de vie et de foi, celle de l’Eglise, recueillie auprès de tant de gens et avec les années. Nous n’avons pas le droit de la garder pour nous. Ils en ont besoin.

 

J’ai pu aussi proposer des célébrations eucharistiques quand cela se révélait possible, toujours à la dernière minute, grâce à "radio-camino" (le bouche à oreille entre pèlerins). C’était aussi des moments forts. D’abord parce que célébrer avec bon nombre de ceux avec qui on a marché, même si on ne se connaît pas encore, est fort. Mais  j’ai pu y goûter aussi un vrai bonheur d’expliquer la Parole de Dieu  que j’avais pu méditer tranquillement sur la route, seul ou avec un autre, et de montrer qu’elle rejoignait profondément ce que nous cherchions sur ce chemin, sur le chemin de la vie.

J’ai été aussi libéré de ce désir de savoir ce que produisaient mes prédications. Dieu ne se sert pas d’un hameçon pour nous ramener vers Lui. La parabole du semeur m’a éclairé. Dieu sème, à profusion, partout. Sa parole est une graine qui pourra produire son fruit en son temps, à 30, 50, 100 pour 1, quand elle aura pu doucement germer dans un peu de bonne terre. (Luc 8/4-15). Il faut faire confiance. Et Dieu sait si la terre du chemin de Compostelle est meilleure qu’ailleurs ! Certes, les épines, les cailloux, l’absence de racines s’y retrouvent. Mais la terre est déjà largement labourée par la disponibilité inhabituelle des gens et leur recherche sur leur vie.

Cela m’a fait ressentir durement le fait que souvent la Parole de Dieu ne peut pas être entendue par les gens parce que personne ne la leur dit.  C’est vrai aussi sur le chemin de Compostelle. Ne serait ce pas un péché de l’Eglise contre l’Esprit, quand, Chrétiens et prêtres, nous la négligeons (à mon avis, pas plus d’un chrétien sur huit part sur le chemin avec un Evangile ou un Prions en Eglise), ou nous la gardons souvent pour nous, n’osant ou ne pensant pas à la partager. C’est encore plus criant pour nous en Espagne, où nul étranger ne peut entendre la Parole de Dieu dans sa langue dans les églises. Mais faisons-nous mieux en France pour les étrangers qui viennent chez nous ?

Cela a suscité en moi toute une recherche qui s’est poursuivie jusqu’à la fin sur tout ce qui se faisait déjà, et sur ce qui serait possible pour faciliter l’accès de tous à l’Eau Vive de la Parole. Vous pouvez lire mes textes "A la recherche de l’eau vive", et celui "L’Eglise au service des pèlerins de Compostelle".

 

3ème temps : vivre plus avec le Christ :

 

Ce 3ème temps (en gros, des 15 derniers jours) a été plus intérieur. Il est venu comme un fruit mûr. J’aspirais à marcher seul, démarrant  avant le lever du jour, pour pouvoir me retrouver en profondeur et expérimenter si mon chemin m’aidait aussi à renouveler ma relation avec le Christ. Il faut dire qu’avec Lui aussi, depuis assez longtemps, j’étais assez sec… Je comprends mieux que Jésus aimait prier la nuit…

J’ai d’abord été frappé par sa bonté et sa délicatesse. Toutes ces richesses déjà reçues évoquées plus haut, elles sont venues comme des cadeaux. J’avais soif de renaître par le cœur, mais je ne pouvais pas tirer de moi-même la source. Il me l’a donné, plus que je ne l’espérais, et sans aucune exigence de sa part, pour mon bonheur. Alors est venu en moi un désir de lui exprimer ma reconnaissance.

J’ai mieux compris qu’il se donnait à moi ainsi. Que la parole de Jésus s’actualisait, avant même que je lui réponde: "Si quelqu’un m’aime,  il gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons chez lui notre demeure". (Jean 14/23). Plusieurs fois, j’ai éprouvé que des paroles qu’il me donnait de trouver dans mon cœur pour des personnes venaient de lui.

 

Au début du pèlerinage, l’évêque du Puy a remis, comme à tous ceux qui étaient là, le texte de la prière du Rosaire (il s’agit de 20 petites méditations de l’Evangile, entrecoupées par la prière du chapelet). Je n’étais pas un habitué de cette forme de prière, et au début du pèlerinage, je préférais partir de mes intentions de prière personnelle. Mais, dans ce 3ème temps, cette prière a été la réponse à mon attente, car elle me permettait de revisiter ce que le Christ lui-même avait vécu, à travers ces moments de sa vie, appelés ici les mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux. C’est une vraie joie d’entrer un peu plus dans son cœur, de ressentir avec lui la jubilation pour l’amour du Père, ou sa participation à son œuvre, la blessure qu’il a ressentie face à la dureté du cœur des hommes en général et des siens, ceux de son peuple en particulier, quand non seulement ils restaient fermés, mais en plus fermaient la porte divine aux autres qui la cherchaient. Cette blessure du Christ, elle est bien toujours actuelle avec le monde d’aujourd’hui et l’Eglise. Mais il doit y avoir aussi de vraies joies, des mystères lumineux, quand ils voient des deux côtés des cœurs qui s’ouvrent… Il est vraiment ressuscité et agissant aujourd’hui.

 

Une autre question travaillait mon cœur dès le départ: pourquoi ne suis-je pas plus nourri par l’Eucharistie ? Pourquoi tant de chrétiens ne le sont pas non plus ? Je sentais bien que la question n’était pas d’abord une question de compréhension de la messe ou d’efforts à faire pour les rendre plus vivantes… Il m’a semblé que finalement la question principale pour nous tous, prêtres et chrétiens, est celle de la préparation de nos cœurs. Et pour moi, mes difficultés étaient liées à cette difficulté à aimer que je ressentais au quotidien.

Pour Jésus, ce repas avant de donner sa vie  est vraiment celui de l’amour. Saint Jean nous dit: "Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout". (Jean 13/1).

Alors, quand nous n’avons pas laissé suffisamment résonner dans nos cœurs la vie et la Parole du Christ, quand nous ne portons pas non plus dans notre cœur la vie et la parole des personnes avec qui nous avons vécu, notre messe est sans âme. Fût elle selon toutes les normes liturgiques.  St Paul nous dit d’ailleurs plus largement que nous aurions beau tout faire, s’il nous manque l’amour, cela ne sert de rien. C’est une messe où certainement le Christ est présent car il l’a promis, mais est-ce bien le repas du Seigneur ? Chrétiens et prêtres, nous pouvons demander pardon à tous ceux qui sont repartis déçus, parce qu’ils n’avaient pas senti que nous étions habités par un amour pour eux et pour Dieu.

Comment faire alors ? Non seulement pour que nous célébrions autrement, mais plus largement, pour que nous vivions autrement ?

 

Et après ce pèlerinage ?

 

Cela rejoint pour moi, comme pour tous les pèlerins, une question de fond et plus large. Comment faire pour que ce que nous avons pu vivre ou découvrir sur le chemin ne soit pas sans suite dans nos vies ? J’entrevois deux éléments de réponses:

Le premier, c’est que si notre être intérieur a été touché, cela aura des suites. Le témoignage d’anciens pèlerins m’a frappé: leurs proches leur avaient dit au retour combien ils les trouvaient changés. Pour le moment, 8 jours après le pèlerinage, alors que je pouvais craindre que la source ne se tarisse, j’ai plutôt l’impression qu’elle irrigue de plus en plus ma terre. Mais bien sûr, rien n’est acquis comme un capital…

Je ne peux pas ou dois pas rêver d’être désormais sans fragilité. Je la sens toujours présente. D’ailleurs ce ne serait pas humain. Et le Christ,  je sais par expérience, vient nous rejoindre par cette porte d’entrée de notre cœur qui sinon, se durcit si vite !

J’ai reçu aussi une réponse à ma question de départ: "suis-je handicapé du cœur ?". Je ne le suis pas. Simplement mon cœur, comme celui des autres, a un besoin vital d’être irrigué, et cela c’est une œuvre commune: cela dépend de moi, des autres et de Dieu. Puissent les trois s’unir ! Ce n’est pas gagné d’avance !

Merci à tous ceux qui m’y ont aidé, et à tous ceux qui le feront dans l’avenir. Je compte sur votre amitié, votre aide et votre prière.

 

Le deuxième est que, pour tous les pèlerins, la question se pose du comment faire, comment conduire ma vie désormais ?  L’une des intentions de prière que j’ai composées dit la piste que je pressens, autour d’une parole de Jésus (voir le document "Accueil et prière à Compostelle").

Seigneur, nous allons rentrer chez nous, mais nous nous demandons comment nous serons capables de nous comporter autrement qu’avant cette marche. Tu nous dis pour cela: "Veillez et priez".

Veillez: à discerner le nécessaire et ce qui  encombre  votre  vie, à choisir ce qui va nourrir votre cœur et vous rapprocher des autres. Vos proches s’en trouveront bien !

Priez: sur le chemin, j’ai pris soin de vous, discrètement, et je le ferai plus encore, si vous désirez prendre avec moi le chemin vers le Père, le chemin de l’amour vécu au quotidien, même quand c’est dur.

Merci Seigneur pour cette Parole. Nous sommes sûrs que Tu ne nous lâcheras pas. Aide-nous à la mettre en pratique, car nous sommes faibles.

 

Et merci à vous de m’avoir lu. Merci de me partager aussi ce que vous avez vécu sur le chemin de Compostelle ou de la vie. Ensemble, rendons grâce à Dieu pour ce qu’il fait dans nos vies, discrètement mais sûrement.

Comme dit le chant de Compostelle Ultreïa, Esuseia, c'est-à-dire Allons plus loin, plus haut…

 

Michel Meunier,

michelmeunier@free.fr

 

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                                                                       24/10/2007

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