Vitraux St Jacques : Pau

 

        Scènes de la vie de Saint Jacques dans les vitraux de l'église Saint-Jacques de Pau

 

  Liliane Andrieu, membre de l'association des Amis du Chemin de St J. des Pyrénées-Atlantiques, a étudié, dans son mémoire de Maîtrise d'Histoire de l'Art, les vitraux des églises de Pau. Nous vous livrons ici la partie consacrée aux vitraux concernant l'apôtre dans l'église saint Jacques.

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  Historique

 

  L'église Saint-Jacques occupe l'emplacement de l'ancienne église du même nom, appartenant, sous l'Ancien Régime, aux Cordeliers. La Confrérie des Pèlerins de saint Jacques y avait son siège, à la veille de la Révolution.

  Les bâtiments conventuels furent démolis en 1846, et remplacés par le Palais de Justice, place de la Libération.

  La construction de la nouvelle église Saint-Jacques, de style néogothique, débuta en juillet 1861 sous la direction de l'architecte M. Loupot. La réalisation des vitraux fut confiée à Emile Thibaud, maître verrier de Clermont Ferrand. (1810-1896). Ce dessinateur et peintre-verrier de réputation nationale a effectué aussi dans la région les verrières de l'église Saint-Michel de Condom, celles de Mirande, et celles de Lectoure.

  L'ensemble des vitraux a été inscrit à l'Inventaire Général des Monuments Historiques en 1990.

 

  Emplacement

  Les deux panneaux supérieurs et latéraux des verrières du choeur sont consacrés à l'apôtre. Dans l'abside centrale qui lui est dédiée, l'iconographie du saint se développe de part et d'autre de la Crucifixion (5) . Les bras du Christ sur la barre transversale de la croix tracent une ligne de séparation entre ces deux registres supérieurs.

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  Description

  Cerné par des plombs judicieusement placés, le contour des personnages est savamment souligné, et l'importance accordée au dessin révèle l'attachement à la tradition classique de Thibaud. Les éléments architecturaux traités en teintes claires, rehaussés de jaune d'argent, entourent les verrières. Sur un fond damassé rouge et bleu se situent les personnages, aux vêtements de couleurs soutenues, rouge pourpre, vert bouteille, jaune doré. Le trait conserve toujours sa prépondérance dans l'ensemble des verrières, et souligne les choix des coloris: l'artiste a manié avec délicatesse les tons chauds et froids, vifs et doux. Les chevelures, peintes au jaune d'argent ou avec une couleur brune, sont marquées de fines ondulations, tandis que le modelé des traits et les barbes sont effectués à la grisaille. Aucune raideur ne fige les personnages, donnant ainsi vie aux scènes légendaires concernant saint Jacques.

 

  Panneau 1: Cette verrière figure la vie apostolique de saint Jacques:

 

  1.1 - " Vocation de saint Jacques":

 

              

 

  Le Christ est au centre de la scène. A sa droite Jacques, accompagné par son frère Jean (imberbe), à sa gauche probablement Simon (Pierre) ou André, son frère. Saint Jacques tient à la main un filet symbolisant à la fois son métier et sa mission apostolique. Pointant au-dessus des têtes, une vergue, un mât et une voile permettent d'imaginer une barque en arrière-plan :

  "Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon, qui jetaient un filet dans la mer; car ils étaient pêcheurs. Jésus leur dit: Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d'hommes. Aussitôt, ils laissèrent leurs filets, et le suivirent. Étant allé un peu plus loin, il vit Jacques, fils de Zébédée, et Jean, son frère, qui, eux aussi, étaient dans une barque et réparaient les filets. Aussitôt, il les appela; et, laissant leur père Zébédée dans la barque avec les ouvriers, ils le suivirent". Marc 1.16.17.18.

 

  1.2 - "Dispersion des apôtres. Saint Jacques va à Jérusalem":

 

               

 

  La scène est dominée par la croix rédemptrice, elle donne un sens à la mission des apôtres. Il s'agit vraisemblablement d'une composition symbolique, montrant à la fois la "dispersion" des apôtres en arrière-plan, et au premier plan, saint Jacques en marche vers Jérusalem, comme le dit la légende du vitrail. Le bourdon qu'il tient à la main n'est pas un simple attribut permettant de l'identifier. C'est une présentation allégorique de sa mission, car un autre apôtre l'accompagne avec un bourdon identique:

  "Et il les envoya deux à deux". Luc X 1".

  Et surtout, les deux prédicateurs, les yeux tendus vers le ciel, se donnent la main, témoignant du message d'amour et de la communion des premiers disciples du Christ, comme l'exprime saint Paul dans l'Epître aux Galates :

  " [Ils). .. nous donnèrent la main [. ..] en signe de communion". Gal. Il, 9.

 

  Panneau 2 : Cette verrière illustre le martyre de saint Jacques:

 

  2.1 - "Saint Jacques est conduit à Hérode par Josias":

 

             

  Ce panneau est fidèle à la légende dorée de Voragine. Abiathar, le grand prêtre du temple de Jérusalem, donne l'ordre au scribe Josias de conduire saint Jacques la corde au cou à Hérode. L'apôtre, les bras en croix, abandonne déjà son corps au supplice et bénit les passants, ici figurés par une mère et son enfant.

 

  2.2  "Saint Jacques est décapité avec Josias converti":

 

             

  Au premier plan, Josias, les mains croisées sur le coeur, offre son cou au bourreau qui amorce le geste fatal. Il est réconforté par saint Jacques qui vient de le convertir, et qui, bras levé et main ouverte, lui offre le ciel. En arrière, Hérode Agrippa, trônant majestueusement, assiste à l'exécution, la sentence à la main.

 

  Panneau 3 :

          

  3.1  "Le corps de saint Jacques est conduit en Espagne":

 

            

 

  La scène se situe dans une nef, esquissée en avant et en bas par le bastingage et un anneau d'amarrage, et en arrière et en haut par une voile doublée d'une échelle de corde. Selon la tradition, ses disciples déposèrent son corps sur un bateau qui partit de Jaffa, et un ange le conduisit en Galice. On devine, allongé sur un brancard, le corps non décapité de l'apôtre sous un immense linceul blanc. Deux disciples effondrés de douleur sont agenouillés et penchés sur son corps, tandis que deux autres se tiennent debout, l'un d'entre eux fixant le ciel.

 

  3.2 - "Les reliques de saint Jacques transférées à Compostelle par Alphonse roi de León":

 

          

 

  Alphonse, roi de León, fait transporter le cercueil de saint Jacques à Compostelle. Au premier plan se trouve le Roi représentant de Dieu, les bras en croix, vêtu d'un vêtement de couleur rouge vif, symbole de l'amour divin. Derrière lui, le cercueil de Saint-Jacques, magnifiquement sculpté, porté par un évêque et des moines dans une procession où foisonnent croix et bannières. A gauche, une femme tient une corbeille de pétales de fleurs; à droite, une autre présente son enfant sur le passage du saint, alors qu'à ses côtés un passant s'incline pieusement.

 

  Panneau 4 :

 

  4.1 - "Saint Jacques apparaît en songe à Ramire 1er":

 

         

 

  Le roi encore vêtu de pourpre dort, le coude sur son bouclier. L'apparition de saint Jacques en tenue de soldat se dresse devant lui. L'apôtre lui présente l'épée comme une croix, et montre le ciel où il promet d'apparaître le lendemain. En arrière-plan bannière, tente et soldat illustrent l'armée.

 

  4.2 - "Saint Jacques à la Bataille de Clavijo":

 

          

 

  Cette fameuse scène de la légendaire bataille de Clavijo présente l'apôtre sur son cheval blanc, combattant fougueusement les Maures, ici armés de cimeterres et enturbannés. Au premier plan, le roi, la garde baissée, le bras gauche levé vers le ciel, contemple l'accomplissement du miracle. La vision céleste est encore rendue par le regard extatique des soldats chrétiens. En arrière une forêt de piques dressées préfigure la victoire.

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                                                                       14/11/2012

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