Légendes : Leyre - S. Virila  

 

                           

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                                                 Leyre : Le moine qui visita l'éternité

 

  (d'après Juan G. Atienza - Leyendas del Camino de Santiago)

 

  Eh bien, Monsieur, ce fut en des temps très anciens, tellement que la mémoire les a oubliés. L'abbé Virila était un authentique père spirituel pour ses moines, mais ses angoisses de sainteté et ses doutes, très humains, le portaient à une recherche profonde pour connaître cette Gloire à laquelle il voulait croire à tout prix, mais pour laquelle il avait besoin de quelque chose qui la confirmerait dans sa foi, au-delà de spéculations théologiques.

 

  Tous les matins, le bon abbé sortait du monastère avant que ne pointe le jour, les premiers offices à peine terminés. Et, en suivant le petit sentier que ses propres pas avaient tracés à force de le suivre dans sa promenade quotidienne, il remontait les pentes qui, derrière le monastère, conduisaient vers la Roca Erandio et la Chiminea. Là, il atteignait une clairière dans le bois avec une source. Et en ce lieu, au milieu du silence des sommets proches, il se livrait à la méditation et élevait ses prières au Ciel, en demandant au Créateur de lui permettre d'épier au moins un peu de cette Gloire promise, qu'il n'était même pas capable de concevoir depuis sa propre nature d'homme anxieux de croire à l'Au Delà.

 

  Passèrent des années entières de prière patiente et de constante retraite mystique, dans ce coin privilégié de la nature où il allait se réfugier chaque jour dans sa solitude. L'abbé vieillissait et sentait son esprit semé de doutes, d'anxiétés de savoir. Il avait besoin d'une réponse, parce que, sans elle, sa mission même comme abbé de cette Communauté manquait de sens, s'il était le premier à douter de ce qu'il ignorait par essence.

 

  Un jour, il arriva quelque chose différent. Le bon abbé Virila méditait à genoux, plongé dans ses angoisses de transcendance, quand, soudain, très près de lui, retentit le très beau chant d'un petit oiseau. C'était un chant différent de tous ceux qu'il avait écoutés jusqu'à alors. Un trille qui paraissait arriver de très loin et, en même temps, près de lui, lui caressait l'ouïe. Il ferma les yeux, en se laissant transporter par la beauté de ce moment, et il sentit que son âme s'ouvrait de part en part, entraînée par la musique des sphères. Tout s'illuminait autour de lui, et il sut tout de suite que c'était la réponse à toutes les questions qu'il s'était formulées depuis qu'il avait eu conscience de son angoisse de transcendance.

 

  Il lui sembla que ce moment durait à peine quelques minutes, mais ce fut tellement intense et si beau que son esprit était baigné dans l'Éternité. Soudain, il sut qu'il était entré dans l'infini auquel il s'était tellement confié. Il ouvrit les yeux et crut tout voir différemment. Les arbres étaient plus grands, comme l'herbe était plus haute. Avaient disparu les traces qu'il avait marquées, pendant tant d'années à suivre le même sentier, entre les sommets et le bois. Tout sentait différemment, plus pur, plus près de Dieu qu'il avait toujours invoqué.

 

  Lentement, émerveillé par l'environnement, avec des forces renouvelées, il prit le chemin de retour au monastère, en pensant à la façon dont il pourrait expliquer à ses moines l'expérience qu'il avait vécue. La silhouette du monastère lui parut plus grande, comme si en son absence on avait construit des dépendances. Et l'esplanade qu'il devait traverser pour l'atteindre donnait l'impression d'être plus petite, comme si les nouvelles dépendances lui avaient enlevé de l'espace.

 

  Il appela à la porte, impatient de conter son aventure et de la commenter avec ses frères. Mais, étrangement, un moine lui ouvrit la porte, qu'il ne connaissait pas, et qui lui non plus ne fit pas mine de le connaître, parce qu'il lui demanda son nom et d'où il venait.

 

- Comme, mon frère ! Tu ne me connais pas ? Je dirais que tu as mauvaise mémoire, si ce n'était que moi non plus je ne te reconnais pas. Je suis frère Virila, votre abbé.

- Notre abbé ne s'appelle pas Virila. J'ai entendu dire qu'il y a eu un abbé Virila dans ce monastère il y a plus de trois cent ans, mais il disparut un jour sans que plus jamais personne n'ait de nouvelles de lui.

 

  Ce fut alors que le vieux moine comprit réellement ce qui lui était arrivé. Et il se rendit compte de ce que, au milieu de son extase, ce qui lui avait paru s'écouler en quelques secondes avait été, en réalité, un contact avec l'Éternité qui avait duré trois siècles. Une fois réunie la Communauté, l'abbé expliqua à tous les moines son expérience et, comprenant qu'il avait rempli sa mission et qu'il s'était mis en paix avec sa conscience, il livra son âme au Créateur.

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                                                 El monje que visitó la eternidad

 

  (Juan G. Atienza - Leyendas del Camino de Santiago)

 

  Pues señor, fue en tiempos muy antiguos, tanto que la memoria los ha olvidado. El abad Virila era un auténtico padre espiritual para sus monjes, pero sus ansias de santidad y sus dudas, muy humanas, lo llevaban a una profunda inquietud por conocer aquella Gloria en la que quería creer a toda costa, pero de la que necesitaba algo que la confirmase en su fe, más allá de especulaciones teológicas.

 

  Todas las mañanas, el buen abad salía del monasterio antes de que apuntase el día, apenas terminados los primeros oficios. Y, siguiendo el senderillo que sus propios pies habian trazado a fuerza de seguirlo en su paseo cotidiano, subía las pendientes que, a espalda del cenobio, conducía hacia la Roca de Erandio y la Chimenea. Por allí alcanzaba un claro del bosque junto a un manantial. Y en aquel lugar, en medio del silencio de las cercanas cumbres, se entregaba a la meditación y elevaba sus oraciones al Cielo, pidiendo al Creador que le permitiera atisbar siquiera un poco de aquella Gloria prometida, que ni siquiera era capaz de concebir desde su propia naturaleza de hombre ansioso de creer en el Más Allá.

 

  Pasaron años enteros de paciente oración y de constante retiro místico en aquel rincón privilegiado de la naturaleza donde iba a refugiarse cada dia en su soledad. El abad envejecía y sentía su espíritu sembrado de dudas, de ansias de saber. Necesitaba una respuesta, porque, sin ella, su misma misión como abad de aquella comunidad carecía de sentido, si él era el primera en dudar de lo que esencialmente desconocía.

 

  Un día sucedió algo distinto. Estaba el buen abad Virila meditando de rodillas, sumido en sus ansias de trascendencia, cuando, de pronto, muy cerca de él, sonó el bellisimo canto de un pajarillo. Era un canto distinto a todos cuantos había escuchado hasta entonces. Un trino que parecía llegar de muy lejos y estaba, a la vez, junto a él, acariciándole el oído. Cerró los ojos, dejándose transportar por la hermosura de aquel instante, y sintió que su alma se abría de par en par arrastrada por la música de las esferas. Todo en torno suyo se iluminó y supo de pronto que aquélla era la afirmación a todas las preguntas que se había formulado desde que tuvo conciencia de su ansia de trascendencia.

 

  Le pareció que aquel instante duraba apenas unos minutos, pero fue tan intenso y tan bello que su espíritu quedó bañado en Eternidad. Súbitamente, supo que se había integrado en la infinitud a la que tanto se había encomendado. Abrió los ojos y creyó verlo todo distinto. Los árboles estaban mas crecidos, como más crecida estaba la hierba. Habían desaparecido las huellas que dejó marcadas durante tantos años de seguir el mismo sendero entre las peñas y el bosque. Todo olía distinto, más puro, más cerca del Dios que siempre evocó.

 

  Despacio, admirado por el entorno, con las fuerzas renovadas, emprendió el camino de regreso al monasterio, pensando cómo podría explicarles a sus monjes la experiencia que había vivido. La silueta del cenobio le pareció mayor, como si en su ausencia hubieran construido más dependencias. Y la explanada que tenía que atravesar para alcanzarlo le dio la impresión de más chica, como si las nuevas dependencias le hubieran arrebatado espacio.

 

  Llamó a la puerta, impaciente por contar su aventura y comentarla con sus hermanos. Pero, extrañamente, le abrió la puerta un monje al que no conocía y que tampoco dio muestras de conocerlo a él, porque le preguntó por su nombre y le inquirió de donde venía.

 

- Como, hermano! No me conoces? Mala memoria diría que tienes, si no fuera porque tampoco yo te reconozco. Soy fray Virila, vuestro abad.

- Nuestro abad no se llama Virila. He oído decir que hubo un abad Virila en este monasterio hace más de trescientos anos, pero desapareció un día sin que nadie volviera a saber nunca más de él.

 

  Fue entonces cuando el viejo monje comprendió realmente lo que le había sucedido. Y se dio cuenta de que, en medio de su éxtasis, aquello que le pareció que discurriá en unos segundos había sido, en realidad, un contacto con la Eternidad que había durado tres siglos. Reunida la comunidad, el abad explicó a todos los monjes su experiencia y, comprendiendo que había cumplido con su misión y se había puesto en paz con su conciencia, entregó su alma al Creador.

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                                               (Narrada por San Virila)

 

  Por aquel entonces, me sentía yo atormentado a causa del dilema de la eternidad y las dudas me asaltaban sin cesar. Rogaba a Dios, Nuestro Señor, para que me ilustrara acerca de este misterio y encendiera la luz en mi corazón. Una tarde de primavera, como lo hacía habitualmente, salí a pasear entre los frondosos árboles de la sierra de Leire.

 

  Fatigado, me senté a reposar junto a una fuente, y allí permanecí absorto e hipnotizado escuchando el hermoso canto de un ruiseñor.

 

  Tras lo que para mí fueron unas horas, retorné al monasterio, mi hogar. Al rebasar la puerta principal, ningún hermano monje me resultaba familiar. Deambulé por las distintas dependencias, sorprendiéndome con cada detalle y comprendiendo que algo extraño estaba sucediendo.

 

  Al darme cuenta de que nadie me reconocía, me dirigí al Prior, quien atónito, escuchó mi historia con atención. Nos encaminamos a la biblioteca para intentar descifrar este enigma y revisando antiguos documentos, descubrimos que "hacía trescientos años, un monje santo, llamado San Virila, había gobernado en el monasterio y había sido devorado por unas fieras en uno de sus paseos primaverales".

 

  Con lágrimas en mis ojos, comprendí que ese monje era yo y que Dios, por fin, había escuchado mis plegarias.

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                                              La leyenda del Abad Virila

    

  http://rutajacobea.galeon.com/leyendasuno.html

 

Cuenta esta leyenda navarra que el abad Virila del monasterio de Leyre sentía su alma hondamente preocupada por el conocimiento de la infinitud divina , y ansiaba entender el misterio de Dios, para poder así tratarle, abandonando las especulaciones teológicas que nada le aclaraban.

 

 Con esa preocupación constante, cada día, después de los oficios preceptivos, salía del monasterio y, por un senderillo que habían trazado sus propios pies a fuerza de andarlo, subía la pendiente que se levantaba detrás del cenobio, hacia las rocas de Erando y la Chimenea y llegaba hasta un pequeño claro del bosque donde, junto a un manantial, se dedicaba a la plegaria y a la meditación, pidiéndole a Dios que le permitiera atisbar al menos un átomo de su eternidad.

 

 Y dicen que así iban pasando los años, que el abad Virila envejecía y que sólo su deseo de infinitud le mantenía con energías, a la espera de que llegara el instante ansiado. Y llegó un día preciso, un día aparentemente igual a todos los demás, en que el abad, casi por inercia, subió una vez más el camino cotidiano hasta el claro del bosque al que nadie osaba venir a molestarle. Sólo que, en aquella ocasión, las cosas fueron distintas, por una vez. Estaba en medio de su oración cuando, de pronto, un pajarillo azul hasta entonces desconocido, comenzó a trinar junto a él. Y tan bello fue aquel trino, tanto le sonó a música celestial, que por unos instantes el abad Virila dijo:

—¡Oh, Dios mío! Esto es lo que he estado buscando toda mi vida. Por fin puedo gozar de tu presencia.

 Y, a través del canto del pajarillo se sintió ascendido a los cielos por un momento, y su alma, lejos de cualquier sensación provocada por los sentidos conoció la grandeza divina por la que tanto se había preguntado. Realmente, tuvo la evidencia de haberse integrado por fin en la infinitud de esa Divinidad a la que tanto se había encomendado.

 

 Al regreso de aquel instante de infinitud se sintió feliz y compensado, por fin de todas sus súplicas y esfuerzos. Cuando acabó su experiencia, se fijó en torno suyo y lo vio todo distinto. Pensaba que aquello debía ser producto de un nuevo modo de ver las cosas, pues habiendo conocido lo que él había visto nada podía ser ahora igual. Sus cansadas piernas le levantaron de su postración y emprendió el regreso al cenobio. Mientras bajaba iba pensando en el modo en que podría contar a sus monjes la inefable experiencia que había tenido.

 

 Cuando intentó regresar, encontró las sendas cambiadas, el monasterio transformado, los monjes desconocidos, y él recibido como un extraño y anacrónico personaje

 Lo atribuyó todo a su alegría. El abad se dio a conocer, un tanto extrañado ya de tantas situaciones insólitas. Y su asombro llegó al límite cuando el portero se quedó mirándole sin entender nada, y murmurando dijo:

—¿El abad Virila, dices? Aquí no hay ningún abad Virila.

 Todo pudo aclararlo el monje archivero, ya que en la crónica monacal constaba que, trescientos años atrás, el abad Virila había subido a la sierra y no había regresado. Se suponía que había sido devorado por una fiera. El único Virila que hubo, desapareció hace trescientos años y nadie volvió a verle jamás...

 

 Entonces comprendió realmente. Y se dio cuenta de que aquel éxtasis celestial que a él le había parecido de apenas unos minutos había sido, en realidad, un largo, larguísimo contacto con el infinito que, sin darse él mismo cuenta, había durado más de trescientos años.

 Reunida la comunidad, el abad Virila explicó a los monjes lo que le había sucedido y, sabiendo que había cumplido ya su misión en esta vida, murió rodeado de todos los que, gracias a él, habían aprendido lo que es un segundo de eternidad. Testimonio del relato es la imagen de San Virila y parte de sus restos en el monasterio de San Salvador de Leyre.

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                                                       Leyre

   

  http://www.jakobus-info.de/compostela/99.htm

 

  Virila, vor mehr als 1.000 Jahren Abt von Leyre, versuchte den Sinn der nie endenden Zeit zu erfassen. Seine innere Unruhe hierüber trieb ihn hinaus zu einer Quelle hinter dem Kloster. Verzückt hörte er dort dem Gesang einer Nachtigall zu und vergaß ganz die Zeit.

 

  Als er wieder zu sich kam, fand er den Weg zum Kloster fast nicht mehr. Auch das Kloster hatte sich verändert. Es war größer geworden und hatte mehr Mönche, jedoch kein ihm vertrautes Gesicht. Auch sein Name war ihnen unbekannt. In der Chronik des Klosters fanden sie einen Hinweis: "Virila - im Wald verschollen." Dem wollte der Abt nicht glauben. Da setzte sich die Nachtigall bei ihm nieder und sprach mit menschlicher Stimme: "Nur für eine kurze Weile wähntest du, dem Lied des Vogels zuzuhören und doch sind in Wahrheit 300 Jahre darüber verstrichen. Nun, wieviel weniger wirst du angesichts der immerwährenden Freuden des Himmels wahrnehmen können, wie ein winziger Bruchteil der Ewigkeit verrinnt."

 

  Auch ist dieser 300 Jahre währende "Nichtigallen-Schlaf" als Strafe Gottes für den Abt überliefert, da er das Mysterium der Ewigkeit angezweifelt hatte. Gott erklärte dem zweifelnden Abt: "Siehe, mein Sohn, es ist unendlich besser, das Angesicht Gottes zu schauen als sich am Gesang eines Vogels zu ergötzen."

 

  Die wohl bekannteste Persönlichkeit des Klosters Leyre ist der Abt San Virila. Er soll nach der Legende durch den Gesang eines Vogels beim Meditieren über die Dreifaltigkeit in einen 300jährigen Schlaf gefallen sein.

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  du monastère de Leyre (Navarra) (sur une variante du Camino Aragonés, avant Sangüesa), un sentier balisé permet de monter en 20 minutes à la source de San Virila, au pied de la falaise de la sierra de Leyre.

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                                                                       08/04/2012

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