Confrérie de Nîmes (30)  

 

                                               Confrérie de St Jacques de Nîmes

 

  http://www.nemausensis.com/Nimes/StJacques/EtapeStJacques.htm

 

  La confrérie de St-Jacques fut fondée à Nîmes en 1321 pour favoriser les pèlerinages à St-Jacques-de-Compostelle.

  Elle avait dévié depuis longtemps de son but lorsqu'elle disparut, vers le milieu du XVI° siècle, probablement lors de la troisième guerre civile, entre les catholiques et les religionnaires, provoquée par l'édit du roi, du 25 septembre de l’année 1568, dans lequel il était dit qu'il n'y aurait en France d'autre religion que la catholique, et que tous les officiers de justice seraient de cette religion, avec ordre aux ministres de la réforme de sortir du royaume, c'était le principal motif.

 

  Malgré toutes les mesures qu'on avait prises pour affermir la paix dans le pays, mesures qui semblaient promettre aux catholiques des temps calmes et heureux, ils ne jouirent pas longtemps de cette tranquillité. Les religionnaires (les réformés) prennent la ville de Nimes, et démantèlent tout les symboles de l’église Romaine.

 

  Au cours des guerres de religions, les réformés chassent  les religieuses de l'Abbaye de St Sauveur de la Fon (sur l'emplacement du temple de Diane), détruisent et rasent l'établissement de St Jean de Jérusalem (emplacement actuel du Collège Feuchères), transforment des églises en temples, et détruisent partiellement la Cathédrale.

 

  Les pèlerins de St-Jacques-de-Compostelle qui venaient de l'Est de la France, de l'Italie et de l'Allemagne éviteront Nîmes et prendront un autre chemin.

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                                  Statuts de la Confrérie de Saint-Jacques du 23 juin 1321

 

  http://www.nemausensis.com/Nimes/PDF/ConfrerieStJacquesXIVeS.pdf

 

  sur ce site xacobeo.fr Confrérie de Nîmes PDF

 

  Statuts de la confrérie Saint-Jacques de Nîmes, E. Bondurand, Mémoires de l’académie de Nîmes, t. VI, série 7, 1883, p.49-55.

 

                               LE LIVRE DES PÈLERINS DE SAINT-JACQUES

                                       PAR M. Edouard BONDURAND,

                                        membre-résidant, archiviste du Gard.

 

  AVANT-PROPOS

 

  Les sources originales à consulter pour l'histoire des hospices de Nîmes sont les archives des hôpitaux, malheureusement non inventoriées; les archives de la ville, celles du département et celles de l'évêché. Elles ont été mises à profit par Ménard dans son Histoire de Nîmes, par M. l'abbé Azaïs dans la Charité à Nîmes, par M. l'abbé Chiffon dans les Hôpitaux et les oeuvres charitables à Nîmes, et par M. le conseiller Henri Dautheville dans son Rapport sur la propriété de l'Hospice d'humanité.

 

  Dans une visite récente aux archives hospitalières de Nîmes, mon attention a été attirée par un vieux registre dont l'aspect seul indiquait une précieuse épave du passé. La reliure est en bois vermoulu et recouvert d'une peau également trouée par les vers. On y distingue des coquilles de pèlerins terminées par une sorte de bonnet de prêtre. Les feuillets sont en magnifique papier de coton, et la plupart n'ont pas reçu d'écriture. Sur 72 feuillets encore existants, 23 seulement ont été utilisés. Mais ils nous ont conservé des textes d'une grande valeur pour l'histoire des mœurs et de la langue de Nimes. Ce registre parait avoir échappé a Ménard et aux autres auteurs locaux, car aucun d'eux n'en parle. Il contient cependant les statuts en langue d'oc de la confrérie de Saint-Jacques, fondée à Nimes pour favoriser les pèlerinages à Saint.-Jacques-de-Compostelle en Galice, comme on le voit par les pièces vrr, vin et xi. La fin de ces statuts a été arrachée, de sorte qu'ils ne portent pas de date, mais la pièce IV uous apprend que cette date doit être fixée au 23 juin 1321.

 

  Ménard a publié (Histoire de Nimes, IV, Pr. XV) le règlement en langue d'oc de l'hôpital Saint-Lazare de Nimes, texte qui date de 1487. Il a publié aussi (Ibid., Pr. XXVIII) le règlement eu langue d'oc de la confrérie des apothicaires et épiciers de Nimes, qui date de 1491. En parcourant ses Preuves, on trouve un nombre assez considérable de textes romans, cc qui montre quel intérêt cet excellent esprit leur portait. Il l'avait bien compris, rien n'est plus digne d'attention que les monuments de la langue propre au pays même dont on recherche les origines, et s'il avait connu les statuts de la confrérie de Saint-Jacques, il n'est pas douteux qu'il ne les eût publiés, tant pour leur objet que pour leur ancienneté.

 

  Ces statuts sont d'une rédaction très naïve, comme les autres pièces que nous publions à la suite et qui sont tirées du même registre. Quelques-unes de leurs dispositions présentent le caractère moral le plus élevé. Partie en vers, partie en prose, ils sont d'une interprétation moins aisée en générai que les autres textes romans du registre, et contiennent mémo un passage d'une difficulté sérieuse.

 

  Le document auquel ces statuts peuvent le mieux se comparer, c'est le règlement de la confrérie de piété et de secours établie â Fanjeaux (Aude) au XIIIe siècle. Cc règlement a été publié dans le Musée des archives départementales, en 1878. Il est plus riche en dispositions que celui de Nimes, peut-être parce qu'il nous est parvenu en entier, mais il ne contient pas de vers. Au lieu de saint. Jacques, c'est la Vierge qui protège la confrérie. Je ne citerai qu'un article des statuts de Fanjeaux. II montrera comment la confrérie payait son appariteur:

  "Item, quels balles de la coffrayria aian cert et especial messatge e crida , del cal devo esser las melors sabbatas de totz aquels que moriran en la dicha coffrayria, e no re als".

 

  Ainsi, les balles ou prieurs de la confrérie payaient leur messager en lui donnant les meilleures chaussures de tous les confrères qui mouraient, et rien autre. Telle était la misère au moyen âge, qu'ils trouvaient serviteur à ces conditions, et que peut-être on se battait pour la place.

 

  A la suite des statuts de Nimes, viennent des listes de confrères (pièces II, III, etc.). On y voit un gradué en droit (senier en leis), des apothicaires, des corroyeurs, des drapiers, des boucliers (mazelier) en grand nombre, un carrier (peirier), des tanneurs (blanquier), des merciers, des épiciers (pebrier), des tisserands (canabasier), des aubergistes (alberguier), des menuisiers (fustier), des jardiniers (ortolan), des laboureurs (lavoraire), des ouvriers (bracier), des tailleurs (sartre), un leudier ou collecteur d'impôt, des cordonniers, des bergers , une bergère, un balayeur (mundaire), un poissonnier (peichonier), un meunier, un bâtier, des ciriers (candelier), un pâtissier, des fourriers, un barbier, un maréchal, des boisseliers (broquier), un bourrelier, un plâtrier (gipier), des peaussiers (peliez), un jongleur (joglar), etc., etc.

 

  J'ai disposé les pièces, autant que possible, par ordre chronologique.

 

  La pièce IV n'a guère moins de prix que les statuts eux-mêmes, car c'est un inventaire en langue d'oc des chartes de la confrérie.

 

  La pièce III indique les sommes fournies par les confrères pour l'achat de "la mayson de mossenhor Sant Jacmes de Nernze". Le voeu exprimé dans les statuts en 1321 se trouve accompli, à force de sacrifices, en 1326. Cette maison coûta 170 livres, valant le gros 27 deniers. La pièce donne des noms de recteurs de la confrérie, comme la pièce V, qui nous apprend encore qu'on fit faire le sceau de la confrérie à l'effigie de saint Jacques: "E feron far lo sagel sehalat de l'itanquilla de mosenhor San Jaumes".

 

  La pièce VI est une liste de réception de nouveaux confrères, eu 1339. Elle est en latin.

 

  La pièce VII en latin aussi, est une délibération de la confrérie sur la grave question de savoir si l'on y peut être reçu quand on est empêché d'aller à Compostelle, et qu'on envoie quelqu'un à sa place avec la permission de son confesseur. L'affirmative est adoptée par 25 oui contre 15 non trop rigoristes.

 

  La pièce VIII, en latin, est des plus curieuses. Trois ou quatre candidats veulent étre reçus confrères. Ils ont visité, cette année même (1811), le sanctuaire du bienheureux Jacques en Galice. Parmi eux est un certain Gilles de Lèques. Un membre opine pour que les autres soient reçus "parce qu'ils sont réputés de bons hommes. Et si le dit Gilles veut s'abstenir du vice de l'usure et des jurements illicites, qu'on le reçoive aussi". Quatre confrères se rangent à son avis.

  Mais Michel Palhon proteste: "Il dit et opine que ledit Gilles de Lèques ne soit reçu eu aucune manière, parce qu'il est emporté (capitosus est un mot expressif, intraduisible, et signifiant: qui a la tête prés du bonnet, qui part comme une soupe au lait). de mauvaise conduite et de basse vie, blasphémant et reniant déshonnêtement Dieu et ses saints". Le malheureux Gilles fut refusé par 1l non contre 5 oui, plus compatissants pour les faiblesses humaines.

 

  La pièce IX, en latin, est une liste de réception.

 

  La pièce X, en langue d'oc, est relative à une censive d'une émine d'huile au profit de la confrérie.

 

  La pièce XI, en latin, est une liste de réception. Les nouveaux confrères donnent diverses sommes pour l'hôpital Saint-Jacques, et "prendront le lendemain leur chemin pour aller au bienheureux Jacques en Galice".

 

  La pièce XII en latin, est une délibération qui résout les perplexités de la confrérie relativement à l'emploi des fonds provenant de la vente de ses possessions. Il faut éviter le péché d'usure. Au moyen âge, l'intérêt des capitaux, même au taux le plus bas, était de l'usure. On confiera donc les fonds "à quelque bon homme, idoine et suffisant, de la confrérie, qui les fera valoir à la manière des marchands". Les gains commerciaux, en effet, n'étaient pas entachés d'usure.

 

  La pièce XIII, en latin, est relative à l'achat d'un coffre-fort "quedam caxia", qu'on ne pourra jamais vendre. Elle contient quelques règles d'ordre pour la comptabilité.

 

  La pièce XIV, en langue d'oc, est une liste de réception et de dons de nouveaux confrères.

 

  Enfin la pièce XV, en langue d'oc, est peut-être la plus piquante de toutes. Il y est question d'un certain Marnet, le serviteur de la confrérie, dont le nom a déjà paru dans les statuts, où il est chargé de ramasser les deniers des confrères pour les messes de mort. Cet excellent Mamet a fait une maladie qui a coûté 7 sous 6 deniers. On lui achète une lanterne de 12 deniers, et on lui donne pour ses gages (per sont selarii), une fois 25 sous, une autre fois 15.

 

  Il reste à dire comment notre registre se trouve dans les archives de l'Hôtel-Dieu, et à rappeler en quelques mots l'histoire de l'Hôpital Saint-Jacques.

 

  Les anciens hôpitaux de Nîmes étaient, au moyen âge, l'Hôpital-Neuf, l'Hôpital de la Porte-Couverte (Porte d'Espagne ou de France), l'Hôpital Sainte-Croix, l'Hôpital de Notre-Darne-de-Méjan, l'Hôpital de Saint-Antoine, la Charité de Nimes, la Charité de Saint-Césaire, l'Hôpital de Saint-Lazare pour les lépreux, l'Hôpital de la Madeleine, l'Hôpital Saint-Marc, l'Hôpital Saint-Jacques, l'Hôtel-Dieu. Ce dernier finit par absorber les autres, en 1483, sous la pression des nécessités hygiéniques, et on y réunit les archives des hôpitaux supprimés. Les archives hospitalières de Nîmes se composent donc de fonds assez nombreux, qu'il faudra avoir grand soin de distinguer quand on les classera.

 

  M. F. Germer-Durand nous apprend que la maison de Saint-Jacques était, au XII° siècle, située près de la Porte d'Espagne. Elle était destinée à donner asile aux pèlerins d'Europe qui passaient par Nîmes pour se rendre a Saint-Jacques-de-Compostelle, et fut t'objet de nombreuses donations.

 

  Plus tard, l'Hôpital Saint-Jacques fut installé prés de la Porte Saint-Antoine (XIVe siècle).

  Il faut croire qu'avant cette dernière installation, une crise financière avait frappé la confrérie de Saint-Jacques, puisque le rédacteur des statuts prévoit, en 1321, l'hypothèse où elle aurait enfin une maison :   "O que Dieus e San Jacmes de maizon e d'espital nos volgues provezir". C'était chose faite en 1326 (pièce III)

 

  Uni à l'Hôtel-Dieu au XVe siècle, l'Hôpital Saint-Jacques fut remplacé par l'Hôtellerie de la Coquille.

  Telle était la faveur dont jouissait le pèlerinage de Saint-Jacques en Galice, que Nîmes avait un second hôpital à l'usage des pèlerins qui s'y rendaient, l'Hôpital de Saint-Marc, prés de la Porte des Carmes. I1 est étranger a nos statuts.

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  I. Statuts.

 

E nom de Dieu e de ma dona Santa Maria,

E del baron San Jacmes, aquesta obra bona sia.

Senios, aisi comenson los azordenamens

Que pels senios confraires foron fags verarnens.

Ben era Dieus ab els can feron lo premier,

Car tres ves l'an se det horn confeser

E Dieus resebre am gran humilitat,

Am ques trobesa quascun apareliat.

A Nadal et a Pascas cascun aiso deu far,

E pueis a Pandecosta per Dieu aguazaniar,

O al baron San Jacmes, se mais lur plas de far,

E negun non o laise se nos vol perjurar.

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                                                                       16/12/2012

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