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TÉMOIGNAGES DU
NOUVEAU TESTAMENT.
Les faibles références
documentaires sur la vie de Saint Jacques
le Majeur, un de des douze apôtres de Jésus-Christ
et le premier des martyrs, viennent des Evangiles
et des Actes des Apôtres. Il serait né dans
la ville de Béthsaïde, sur la côte nord-ouest de
la mer de Galilée, près de l'embouchure du fleuve
Jourdain.
Les Evangiles (Mt
4.21 ; Mc. 1.19 ; Lc. 5,10) nous informent brièvement
que Saint Jacques et son frère Jean, l'Évangéliste,
étaient des fils de Zébédée et des pêcheurs comme
leur père. Ils ont été, après Simon et André, les
premiers disciples choisis par Jésus, qui les rencontra
près de la mer de Galilée, travaillant aux tâches
propres de leur métier; il les invita à le suivre
et ils acceptèrent sur le champ. Leur mère était
Salomé, une des trois femmes qui assistèrent à la
mort de Jésus sur la croix (Mc. 15.40 -41 ; 16,1).
Saint Jacques, comme
Pierre et Jean, appartenait au cercle intime de
Jésus, comme le démontre le fait qu'il fut choisi
pour être témoin d'événements très importants de
la vie de son Maître: la résurrection de la fille
de Jaïre (Mc. 5.37 ; Lc. 8, 51), l'agonie au jardin
de Getsemani (Mt 26.37 ; Mc. 14,33) et, plus spécialement,
la transfiguration au mont Thabor (Mt 17.1 ; Mc.
9.2 ; Lc, 9,28). Sa personnalité était ardente et
active : Jésus l'appela "bonaerge", fils
du tonnerre (Mc.3,17) et le reprit pour sa conduite
fougueuse (Lc. 9,55).
ACTION EVANGELISATRICE.
L'APÔTRE EN ESPAGNE.
Après la mort de
Jésus, les seuls faits démontrés de la vie de Saint
Jacques sont sa prédication dans les synagogues
de Judée et de Samarie, et son arrestation et sa mort
par décapitation (44 ap. JC.). Dans les sources
historiques des premiers siècles du christianisme,
il n'y a aucun fait qui garantit la présence de
Saint Jacques en Espagne. C'est postérieurement,
dans le Bréviaire des Apôtres (VI° siècle) qu'on
mentionne sa prédication dans les régions occidentales,
bien que la véracité de ce fait soit niée par les
historiens. A partir de ce livre commence à être
diffusée en Europe la présence supposée de Santiago
dans la péninsule ibérique. Dans la seconde moitié
du VII° siècle, le moine et savant britannique Bède
le Vénérable reprend ces événements et indique la
localisation précise du corps de l'Apôtre en Galice.
La première donnée de source hispanique est de cette
même époque, et provient d'une interpolation dans
l'oeuvre de Saint Isidore "Ortu et obitu de
patrum". Après l'invasion de l'Islam et la
découverte de sa tombe (IX°), ces références feront
partie de la légende de l'Apôtre.
La Légende Dorée,
la plus grande oeuvre hagiographique médiévale,
dit que le Saint, après l'Ascension de Jésus, prêcha
pendant un certain temps en Judée et en Samarie;
il se déplaça ensuite en Espagne, où sa tâche
évangelisatrice n'obtint pas de grand succès, puisqu'après
avoir prêché pendant beaucoup de temps il put seulement
convertir neuf disciples; pour cette raison,
il laissa deux d'entre eux pour qu'ils continuent
sa tâche, et avec les sept autres retourna en Judée.
À partir de la découverte
de sa tombe et sur la base des textes mentionnés
rédigés à une époque très postérieure à sa mort,
la tradition élabora la légende de l'Apôtre. Selon
elle, après la crucifixion de Jésus, Saint Jacques
serait allé en Espagne dans l'un des bateaux consacrés
au commerce entre la côte atlantique péninsulaire
et les ports de la Méditerranée orientale, débarquant
sur la côte d'Andalousie, où il commença sa prédication.
Il continua sa mission évangélisatrice à Coïmbra
et à Braga, passant ensuite à Iria Flavia, près
du "finis terrae".
L'Apôtre serait retourné
en Terre Sainte en passant par Lugo, Astorga et
Saragosse. Dans cette ville, abattu par les faibles
résultats de sa mission évangélisatrice, la Vierge
lui apparut sur un pilier romain sur les bords de
l'Ebre, en lui donnant consolation et encouragement
et en lui indiquant que l'on construise une église
en ce lieu, événement mythique qui provoquera la
fondation de l'important sanctuaire marial de Saragosse.
De là, Saint Jacques se dirigea, en suivant l'Ebre,
vers la côte méditerranéenne, pour embarquer à destination
de la Judée (42-44 ap.JC.).
MORT DE SAINT
JACQUES ET TRANSFERT DE SES RESTES EN GALICE.
De retour à Jérusalem,
Saint Jacques rentra dans le noyau de base de l'Église
primitive formé autour des apôtres. L'époque était
agitée, marquée par le trouble causé par l'activité
chrétienne naissante dans la monarchie judéohellenistique
de Hérode Agripa, et dû à la méfiance que la nouvelle
communauté éveillait chez les autorités religieuses.
Pour cette raison, le roi commença une persécution
contre les chrétiens, choisissant l'énergique Saint
Jacques comme objet principal de la répression.
L'Apôtre fut condamné à mort et fut exécuté par
décapitation en l'année 44 (Actes des Apôtres, 12.1-2),
en accomplissant ainsi la promesse que lui avait
faite Jésus de boire de son propre calice (Mt 20,22
suiv.).
Suivant la légende,
la tête de l'Apôtre décapité ne tomba pas à terre
mais fut recueillie entre ses bras, desquels personne
ne put l'extraire jusqu'à ce que soient arrivés
ses disciples Athanase et Théodore; ceux-ci portèrent
les restes sur un navire guidé par Dieu et servi
par des anges, qui après sept jours de navigation
arriva à Iria Flavia, en remontant la rivière Ulla.
Le corps de Saint Jacques fut enlevé dans les airs
et conduit vers le soleil; ensuite, les disciples
le trouvèrent déjà enterré sous une monument d'arches
de marbre dans un endroit galicien indéterminé.
La tradition légendaire
a inclus d'autres épisodes dans cette phase finale
du transfert des restes de l'Apôtre, rassemblés
dans le Codex Calixtinus. Le personnage fondamental
dans cette histoire est la reine nommée Lupa, une
femme païenne régnant dans la région, qui vivait
dans le château Lupario ou château de Francos, à
peu de distance de l'actuelle Compostelle, et à
laquelle les disciples demandèrent l'autorisation
d'enterrer les restes du Saint dans son territoire.
Lupa les renvoya à Philotrus, le légat romain qui
résidait à Dugium, dans les environs du Finisterre,
lequel rejeta la demande et ordonna leur emprisonnement.
Les disciples s'enfuirent aidés par un ange et dans
leur fuite, poursuivis par les soldats romains,
traversèrent le pont d'Ons (Puente Pias) sur la
rivière Tambre, lequel s'effondra immédiatement
en leur permettant de s'échapper. Après cela, la
reine Lupa, avec une bienveillance simulée, les
conduisit au mont Iliciano (l'actuel Monte Sagrado),
où malignement elle leur offrit un char pour transporter
le corps et des taureaux sauvages qui broutaient
là pour qu'ils tirent ce dernier; les taureaux se
laissèrent mettre le joug doucement, à l'étonnement
de la reine Lupa, qui décida à ce moment de se convertir
au christianisme.
Finalement, les animaux
commencèrent leur chemin en marchant sans guide,
et s'arrêtèrent, mus par la soif, à un endroit où
ils grattèrent la terre et d'où jaillit de l'eau,
endroit qui est identifié aujourd'hui comme la fontaine
del Franco, dans la rue compostellane du même nom.
Ensuite, les taureaux continuèrent jusqu'à arriver
à un terrain propriété de Lupa, qui en fit don pour
la construction du monument funéraire, et où ensuite
s'élèvera la cathédrale.
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