Hospitalier (Périgueux) : récit Annette

 

                                        TEMOIGNAGES : Être hospitalière rue Gambetta

                                  Le Petit Jacquaire du Limousin-Périgord - N° 19,  juin 2014

  

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  J’ai profité d’une liaison sur Périgueux pour interroger l’hospitalière de permanence, en l’occurrence Annette, et recueillir ses premières impressions après une semaine d’astreinte. J’ai pu aussi assister au passage de témoins entre Annette et Joëlle, cette dernière assurant la relève pour les 8 jours suivants.

 

  P.J. Annette, tu t’es portée volontaire pour être hospitalière dans notre nouveau gîte de Périgueux. Pourquoi ce choix ?

  Annette - Il me semblait légitime de donner un peu de mon temps pour faciliter le séjour des pèlerins à Périgueux. Comme tous les anciens pèlerins, je garde, et Marcel avec moi, un souvenir attendri de l’accueil que certains hospitaliers nous ont réservé sur le Chemin. J’ai donc eu envie, à mon tour, de me replonger dans cette ambiance pèlerine si chaleureuse. La proximité de ce gîte par rapport à mon domicile a aussi eu une influence sur ma décision.

 

  P.J. à l’issue de cette première semaine, quels enseignements tires-tu de cette expérience ?

  Annette - Ce n’est pas de tout repos. Le nettoyage des locaux prend quotidiennement beaucoup de temps. Théoriquement, on devrait commencer l’entretien à 15h30, soit trente minutes avant l’ouverture officielle du gîte. En fait, si on veut que l’appartement soit impeccable, il faut commencer beaucoup plus tôt, surtout lorsque le gîte a affiché complet la veille. C’est comme l’ouverture; théoriquement, on ouvre à 16 heures. Mais lorsqu’un pèlerin appelle à 14h et qu’il fait un « temps de cochon », on a des scrupules à le laisser se mouiller dehors.  Alors on ouvre plus tôt. C’est une petite entorse au règlement, justifiée par les intempéries; on a tous connu cela en son temps, pas vrai ?

 

  Il faut par ailleurs être organisé et avoir constamment le téléphone dédié à portée de main. Et ça appelle assez souvent. Tu sais que depuis l’ouverture, nous avons accueilli plus de 45 pèlerins en un mois ? Ce n’est pas si mal si l’on considère la date récente d’ouverture du gîte !! Nous travaillons avec l’agenda à proximité, car nombreux sont les pèlerins qui réservent, souvent 15 voire 30 jours avant leur arrivée effective. Je prends bien sûr la réservation, en précisant toutefois qu’elle ne deviendra effective qu’après une confirmation téléphonique la veille de l’arrivée.

 

  P.J. concrètement comment se déroule l’accueil des pèlerins rue Gambetta ?

  Annette - Lorsque le pèlerin arrive au 83 de la rue Gambetta, il voit d’abord la plaque de cuivre signalant notre association. Il sonne. De l’intérieur, l’hospitalier voit sur l’écran de contrôle la tête du ou des visiteurs et déverrouille la porte. Il descend de suite après au rez-de-chaussée pour les accueillir. Il les invite à déposer leurs bâtons de marche ainsi que leurs chaussures dans le garage qui sert également de local d’archives à l’association. Chaussés de leurs claquettes ou autres chaussures de détente, les visiteurs suivent l’hospitalier jusqu’à l’appartement du 1er étage. Je leur indique leur chambre et leur lit, puis je fais un tour complet du propriétaire avant de les inviter à partager une petite collation.  C’est le moment privilégié où les sourires illuminent les visages souvent marqués par la longueur de l’étape.

 

  Recommandations, conseils, directives (surtout pour la gestion des clés), indications relatives aux commerces de proximité, à l’itinéraire de départ pour le lendemain matin, bref, j’essaye d’être le plus complet et le plus utile possible. Il reste enfin à émarger les crédenciales et à collecter l’argent de la nuitée.

 

  P.J. tu leur prépares le repas ?

  Annette - Non, ce n’est pas prévu. En revanche, comme dans tous les gîtes, il y a un petit fond de maison (sucre, sel, poivre, etc…), et bien sûr tout ce qu’il faut pour que le pèlerin puisse se confectionner le petit déjeuner (confitures, café, thé, pain de mie….). Du reste, vers 17 h, je vais compléter ce qui est déjà en stock et aller acheter du pain frais en fonction de l’effectif attendu pour la soirée. La cuisine avec ses plaques électriques, son four, la vaisselle relativement complète, permet, par ailleurs la confection des repas. Sinon, nous leur indiquons les restaurants abordables situés à proximité.

  Joëlle prend ma succession en fin d’après midi, en présence de Marie-Paule. Tu verras comment ça se passe.

 

  Effectivement, à l’heure prévue, l’hospitalière montante reçoit les attributs de sa fonction ainsi qu’un fond de caisse. Notre trésorière récupère la recette de la semaine, et s’assure que rien ne manque dans le gîte (ingrédients, produits d’entretien, housses de matelas, etc…)

 

  A 16h30, coup de sonnette ! Joëlle se précipite et nous ramène deux jolis pèlerins, Jean-François et son épouse Sonia, partis quelques jours plus tôt de Limoges, et se réclamant de l’association du Bouscat. Quelle coïncidence! La semaine précédente, c’est cette dernière qui nous accueillait pour la JAJA 2014 ! Occasion rêvée pour les féliciter de la parfaite organisation de cette journée, et pour la belle étape qu’ils viennent d’achever (Négrondes - Périgueux) !

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                                                                       25/02/2015

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