Donativo (Pauline)  

 

                                                      Suite du débat sur le donativo  

                                                          Zoreilles 48 (déc 2014)

 

  Pauline+Marcel, Accueil Béthanie à Eauze - pilipech@aol.com

 

  Bonjour Jean-Louis et Lucette. Nous souhaitons répondre à vos "pensées sur le donativo".

 

  D’abord, ces accueils en libre participation aux frais (expression française pour donativo) recouvrent des réalités très diverses. Tous ne sont pas des accueils chrétiens. Mais puisque malgré tout, vous jugez opportun de citer des passages bibliques pour évoquer les accueils en libre participation, il faudrait en relever d’autres. Par exemple: "vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. (Matthieu 10, 8)"; même le passage que vous citez (Matthieu 6,2) ne remet pas en cause la nécessité de "faire l’aumône" mais le fait de le claironner. Vous parlez de panonceaux, de mention dans les guides. Un accueil en libre participation ne peut normalement se faire connaître que par des informations gratuites paraissant dans des guides (si c’est payant, ce peut être assimilé à de la publicité), le bouche à oreille, une simple information. Monopole de la vertu ? Non, des accueils tarifés font un travail magnifique !

 

  Quant aux soucis pécuniaires de certains hébergeurs, ils sont le lot quotidien de beaucoup, quel que soit leur mode de fonctionnement. Par ailleurs, si nous parlons plus particulièrement des accueils en libre participation chrétiens, ils sont très souvent plus anciens que les autres gîtes installés au même endroit. Et si ce n’est pas toujours le cas, des exemples montrent qu’il est possible et profitable pour tous de cohabiter pacifiquement, voire amicalement !

 

  Pour ce qui est de la fiscalité, il existe là aussi des réalités différentes, pour la simple raison qu’en France, il faut nécessairement entrer dans une case, et il n'y a pas pour le moment de "case" définie pour ce type d'accueil. Il y a des accueils qui déclarent tout ce qui leur est donné, soit en ayant le statut de chambre d'hôtes, soit par un statut intermédiaire convenu avec l’administration fiscale. Il y a aussi les accueils qui ne déclarent pas, et ceci en toute légitimité: la seule jurisprudence qui existe a défini qu’un accueil en libre participation aux frais ne devait pas être soumis à la taxe de séjour.

 

  En conclusion, faut-il édicter une règle définissant un seul type d’accueil, une uniformisation en somme ? Il y en a même pour rêver d’un seul type de pèlerin ! L’amitié vécue entre les pèlerins, il faudrait qu’elle soit contagieuse et qu’elle gagne les accueillants. Dans une société où l’argent vient parfois gangrener les rapports entre les gens, le chemin peut être le ferment d’une fraternité qui humanise davantage chacun, malgré les fatigues de la marche ou de l’accueil, des fins de saison et des factures. Cette fraternité existe en divers endroits, elle peut même devenir communion. Rendons grâce pour ces liens d’amitié, qui sont déjà le témoignage que c’est possible.

 

  Pauline+Marcel, Accueil Béthanie à Eauze - pilipech@aol.com

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                                                                       19/12/2014

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