Comportement (divers)

 

                                             Comportement, savoir-vivre, environnement

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                                         ACIR Association de Coopération Interrégionale

       http://www.chemins-compostelle.com/Fichiers/01-Conseils%20pratiques.pdf

 

  Du savoir-vivre

- La relation entre hôtes, accueillant et accueilli, constitue un lien social d’importance sur les chemins.

- L’humilité et le respect à l’égard des hommes et des choses représentent un devoir de passant, de pèlerin ou de randonneur.

- Selon la formule des bénévoles des associations : "tolérance, convivialité et patience doivent aussi faire partie de votre sac à dos !"

- N’oubliez pas que si vous privilégiez le confort, les hôtels ou les chambres d’hôtes répondront mieux à votre attente que les gîtes.

 

  Un respect tout naturel…

- Parler de comportements respectueux vis à vis de l’environnement paraît évident.

- En effet, en conservant le sentier propre et en bon état, vous établirez un lien privilégié avec la nature et avec ceux qui passeront après vous.

- Et cela concerne tout le monde : marcheurs, cyclistes et cavaliers.

- Quelques règles : le suivi du tracé du sentier emprunté (pour limiter le piétinement de la flore et respecter le travail des agriculteurs), la bonne gestion de vos déchets, le non-usage du feu, l’interdiction de la cueillette sauvage…

 

  Une pratique saine et un comportement civique sont les fondements d’une compréhension mutuelle,

- et comme le souligne le Père Ihidoy de Navarrenx : "Permettons à chacun, en faisant le Chemin, de faire son chemin".

 

  Quelques constats

- Depuis plusieurs siècles, Saint-Jacques de Compostelle, destination de pèlerinage située au bout du monde connu par l’homme médiéval, attire des foules de pèlerins.

- Au cours du XXème siècle, la fréquentation de ces itinéraires n’a cessé de croître, le public et les motivations d’évoluer. Ces dernières années, l’ampleur du phénomène est telle qu’elle nécessite une réflexion sur la façon d’aborder sa pérégrination vers Compostelle.

- Victimes de leur notoriété depuis une bonne décennie, certains itinéraires compostellans souffrent d’une sur-fréquentation qualifiable de tourisme de masse et de pratiques inadaptées (motos, camping-cars, quads,…).

- Cela génère aussi bien d’importants problèmes logistiques qu’une multiplicité d’incompréhensions propres à développer l’incivilité.

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                                 Amis de St Jacques de Compostelle en Aquitaine

     http://www.saint-jacques-aquitaine.com/preparation.php

  

                                          Le pèlerin et l'environnement

 

- " A un carrefour, si tu hésites, prends le chemin le plus sale, c'est la Camino ! "

- Les marcheurs, les pèlerins se veulent et se disent proches de la nature. Mais les dires sont parfois très éloignés des faits.

- Quelques gestes simples, responsables, efficaces, et de surcroît économiques sont à notre disposition.

- Alors, n'entretenons pas et ne créons pas de décharges sauvages, par ignorance ou négligence ! Un tout petit tas d'ordures, laissé au bord du chemin, deviendra vite un dépôt pour ceux qui privilégient la solution de facilité.

- Quelques chiffres simples nous invitent à participer activement à cette prise de conscience. La préservation d'un site admirable, en pleine montagne, dans une forêt, ou partout ailleurs est à ce prix.

- Type du déchet / Durée de vie

  - Mouchoir en papier 3 mois

  - Journal 3 à 12 mois

  - Allumette 6 mois

  - Peau de banane 8 à 10 mois

  - Mégots (tabac et papier) 3 à 4 mois

  - Mégots (tabac et papier) avec filtre 1 à 2 ans

  - Chewing-gum 5 ans

  - Papier de bonbon 5 ans

  - Canette en alu 200 ans

  - Briquet en plastique 100 ans

  - Sac en plastique 250 ans

  - Bouteille en plastique 500 ans

  - Polystyrène expansé 1 000 ans

  - Carte téléphonique 1 000 ans

  - Verre 5 000 ans

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                                          Etre pèlerin: droits et devoirs (Denis) 

      http://www.chemindecompostelle.com

 

  Qu'est-ce que "être pèlerin" ?

- Tous les anciens pèlerins de Saint Jacques vous le diront : on revient autre d'un tel voyage. Marcher deux mois dans la campagne ou marcher deux mois sur le chemin de Compostelle sont deux expériences totalement différentes.

- Ce chemin est vivant, "chargé", parcouru par les énergies, les joies, les prières et les souffrances des centaines de millions d'hommes et de femmes qui l'ont parcouru depuis plus d'un millénaire.

- Beaucoup de simples randonneurs avouent qu'ils sont arrivés pèlerins à Santiago. Pourquoi cette transformation? Et qu'est-ce qu'un pèlerin ? Le sujet est bien vaste. Mais l'expérience est si extraordinaire que des milliers de marcheurs prennent chaque année le départ.

- Le chemin se charge ensuite de les pétrir, de les moduler à sa propre image. Ils deviennent rapidement eux-mêmes un chemin en marche, et se dirigent vers l'occident, vers la Galice, avec une volonté et une énergie dont ils ne se croyaient pas capables quelques semaines auparavant. Mais où prennent-ils cette énergie ?

- En réalité il s'exerce souvent un échange subtil entre le marcheur vers Compostelle et les gens qu'il rencontre au long du chemin, autres pèlerins ou riverains. C'est aux actes du marcheur qu'on reconnaîtra s'il est ou non "pèlerin", s'il correspond à l'image du pèlerin dans l'inconscient collectif des autres. Chacune de ses actions retombera en sourire ou en mauvaise humeur sur celles et ceux qui le suivront.

- Reste le point de vue religieux, car à la notion de pèlerin est souvent associée une image de religiosité, même s'il est vrai qu'on parle aujourd'hui plus souvent d'humanisme que de religion.

- Il convient, quand on part sur ce grand Chemin, de faire preuve d'une immense tolérance, et d'accepter que les Autres possèdent également une petite parcelle de la Vérité.

  

  La courtoisie envers les riverains    

- Les riverains du chemin sont en général heureux du regain du pèlerinage, et éprouvent du plaisir à rendre service et échanger quelques mots. Les anciens surtout, sont très bavards, mais sachez respecter leur tranquillité et leur domicile.

- Ne pénétrez pas dans leur jardin pour vous servir seuls de l'eau, ils n'apprécieraient sans doute pas, et n'oubliez pas de souhaiter le "bonjour" en traversant les villages et les campagnes...

- Il vous arrivera, comme c'est arrivé à de nombreux pèlerins sur ce grand Chemin, de recevoir une hospitalité de la part d'inconnus, qui seront frappés par votre démarche et souhaiteront honorer leur maison de votre présence. Ce peut être pour une tasse de café, un repas, voire une étape complète.

- Il serait inconvenant de repousser un tel geste de gentillesse, mais il faut savoir y répondre de manière discrète et appropriée, afin que la chaîne d'amitié, qui tire depuis des siècles femmes et hommes jusqu'à Compostelle, ne se rompe jamais. Une petite carte postale de Santiago sera souvent le plus beau des cadeaux pour ceux qui vous auront ouvert leur coeur et leur demeure.

  

  La courtoisie envers les hébergeants     

- Le chemin de Compostelle n'est pas le Club Méditerranée ! Si vous comptez passer des vacances pas chères avec des prestations de luxe tout en éprouvant le frisson du Moyen Age, ne prenez pas le départ.

- Si dès les premiers jours, vous ne cessez de grogner contre les différents hébergeants au prétexte qu'ils n'offrent pas ce dont vous aviez l'habitude en vacances, rentrez vite à la maison, et laissez  le chemin aux gens heureux simplement d'être là sur un grand chemin d'Histoire...

- Ne vous trompez pas d'hébergement. Votre qualité de pèlerin ne vous donne aucun privilège particulier, ni droit à aucune réduction. Certains hébergements se sont établis sur cet itinéraire historique avant le renouveau du pèlerinage, et leur demander une réduction, voire la gratuité, sous le prétexte qu'on porte une coquille, peut finir par agacer les propriétaires, surtout si la demande est faite dix fois par jour.

- Prévoyez donc que dans l'immense majorité des cas, vous allez être dans l'obligation de payer votre hébergement et votre nourriture. C'est d'ailleurs ce que vous faites lorsque vous êtes à la maison...

C'est seulement en Galice que les gîtes d'étapes réservés aux pèlerins (qu'on appelle là-bas "refugios") sont gratuits sur présentation de la credencial. Dans le reste de l'Espagne existe désormais un prix fixe ou une participation aux frais, certes modérée.

- Souvenez-vous, surtout les jours de pluie, que l'arrivée de marcheurs ou cyclistes plus ou moins boueux est diversement appréciée par certains hôteliers, peut-être du fait du sans-gêne de quelques randonneurs.

- Un hôtel reste la propriété de celui qui l'exploite, et vous ne feriez rien pour la promotion de la randonnée et du chemin de Saint Jacques en laissant sur la moquette de longues traces de vase, en transformant votre chambre en buanderie, ou le lit en aire de pique-nique.

- Dans certains gîtes ou chambres d'hôtes, vous devrez accepter de partager votre chambre avec d'autres pèlerins arrivés plus tard. Même si vous espériez ce soir-là un peu de silence et de tranquillité, ne le montrez pas. C'est la vie du Chemin...

  

  Le respect envers les structures d'Eglise     

- Nombreux ceux qui s'imaginent qu'ils ont le droit de demander aux prêtres des paroisses le gîte et le couvert, et que ceux-ci sont tenus de les leur donner. D'une part ces prêtres ont souvent déjà fort à faire à gérer leurs multiples paroisses, et d'autre part ils ne sont ni hôteliers ni restaurateurs. C'est à vous d'organiser vos étapes en fonction de vos possibilités physiques et des hébergements disponibles, de façon à ne pas vous trouver sans logement le soir venu.

- Les moines ou moniales qui prient depuis leurs abbayes en plein champ pratiquent très souvent l'hospitalité. En cas de difficulté, vous y trouverez assistance, mais leur accueil est d'abord tourné vers ceux qui viennent ici passer quelques jours de retraite spirituelle.

- Souvenez-vous également que la règle du silence y est la plupart du temps exigée. Alors si vous mourez d'envie de raconter à tous au milieu du repas vespéral la couleur des écailles du goujon, abstenez-vous de tirer la cloche du portail du couvent...

- Toutefois, certains monastères, presbytères ou communautés laïques, voire de simples familles, consacrent l'essentiel de leur temps à l'accueil des pèlerins, telle l'Hospitalité Saint Jacques à Estaing, l'abbaye de Conques ou le couvent de Vaylats. Ils vous proposent, mais ne vous obligent pas, de participer à leurs prières et cérémonies. La plupart de ceux qui vont en de tels lieux sont avant tout en recherche spirituelle. Respectez leur quête, même si vous ne partagez pas leur croyance.

- Saint Paul a dit : "Si vous ne donnez pas avec le coeur, ne donnez rien". Cette belle parole n'empêche pas ces hébergements d'avoir, comme les autres, une kyrielle de frais fixes. Souvent, aucune participation n'est demandée ni imposée, mais il semble de bon aloi de laisser une somme couvrant les dépenses. Il est correct de déposer entre 15 et 23 euros pour la 1/2 pension. En procédant ainsi, vous offrez à vos hôtes une juste rémunération, et vous leur permettez de "donner" plus tard l'hospitalité à des gens qui ont de faibles moyens.

  

  Le respect de la pauvreté     

- Certains pèlerins, ou se prétendant tels, souhaitent réaliser leur voyage comme au Moyen-âge, c'est-à-dire sans argent. Il convient de mettre en garde ceux qui pratiquent ainsi. Nous ne sommes plus au Moyen-âge, et encore beaucoup de pèlerins de cette époque avaient-ils un petit pécule à dépenser. Ce sont souvent les autres pèlerins, dont le budget n'est pas forcément extensible, qui finissent par dépanner ces pauvres-là.

- Si vous souhaitez vraiment imiter certains de vos aînés, alors dormez dehors et grignotez des miettes.

On ne peut pas à la fois vouloir imiter les anciens, et en même temps profiter des bienfaits de notre siècle (douche, matelas), sinon à jouer d'hypocrisie et à mettre mal à l'aise les riverains et les accueillants, qui ont beaucoup investi sur ce chemin pour en assurer la pérennité.

- Si vous avez la chance d'avoir un revenu et quelques économies, alors laissez la pauvreté aux gens réellement pauvres, et qui souhaiteraient bien souvent disposer d'assez d'argent pour régler leur dû et vivre dans la dignité.

  

  Si vous avez un animal (chien, âne, cheval)     

- De plus en plus de pèlerins partent accompagnés d'un chien, en tant qu'animal de compagnie, ou alors un âne comme animal de bât, ou encore un cheval, comme animal de selle.

- C'est une façon originale de voyager, qui provoque souvent la sympathie des riverains. Mais rappelons-nous que l'originalité, lorsqu'elle tombe dans l'outrance, provoque souvent l'intolérance. Aussi le maître devra veiller à ne pas gêner les autres personnes, pèlerins ou riverains.

- L'odeur du chien mouillé, les poils pour ceux qui sont allergiques, ne seront pas forcément du goût des compagnons de dortoir. Personne n'appréciera de voir un âne croquer ses rosiers, ni un cheval déposer ses crottins devant sa porte

  

  Conclusions     

- Droits : le pèlerin a le droit d'être heureux .

- Devoirs : le pèlerin a le devoir d'être content.

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                                     Conseils pour les pèlerins (100 consejos ...) Desnivel         

  Par Redacción digital   digital@desnivel.es 01.04.2004       http://desnivel.com/deportes/excursionismo/camino_santiago/object.php?o=10738  

  (traduit de l'espagnol)

 

  Comportement  

- Agis en pensant que tu n'es pas le premier, ni le seul pèlerin.

- Un aphorisme du Chemin résume parfaitement comment tu dois te comporter: "Le touriste exige, le pèlerin remercie".

- Ferme les grilles et les clôtures que tu trouves sur le chemin. N'entre pas dans les semis, et ne tracasse pas les animaux.

- Respecte la propriété et l'intimité des gens. Ils n'ont pas toujours envie de parler, ni de partager leur temps et leurs expériences.

- Ne le prends pas comme un entraînement ou une compétition. Jouis-en, et de tout ce qu'il représente. Il n'est pas obligatoire d'être croyant pour s'imprégner de son essence.

- Respecte les offices religieux. Ne les interromps pas, et montre toi respectueux dans les églises: entre avec un vêtement adéquat, demande l'autorisation pour faire des photographies et reste silencieux.

- Transporte les ordures jusque dans les villages et jette les dans les containers. L'AACS de Madrid a retiré l'année passée 1.000 kg d'ordures sur un petit tronçon.

- Si tu te vois obligé de te soulager entre les refuges, écarte toi d'une vingtaine de mètres du chemin, couvre les restes avec une pierre ou de la terre, et garde le papier sale dans une bourse de matière plastique pour t'en défaire dans le village suivant.

- Si tu es fumeur (de tabac ou de tout autre chose), ne le fais pas dans des lieux fermés, et demande l'autorisation avant de le faire.

- Tu voyageras seul ou seule si tu veux. Si tu souhaites marcher en silence, mais que tu aies peur de rester  seul,  marche à une certaine distance d'un groupe toujours en vue.

- La solidarité, et non l'euro, est la pièce d'échange la plus appréciée entre les pèlerins.

- N'utilise pas le livre d'or des auberges pour écrire des moqueries ou faire des dessins grossiers. Si tu n'as rien d'intéressant à dire, ne dis rien.

- Respecte et jouis du silence.

- Informe les auberges de toute anomalie que tu détectes: véhicules dans des voies piétonnes; signalisations défaites, etc.

- Utilise des appareils mobiles avec des piles. C'est terrible de voir les prises des auberges occupées par les chargeurs. Dans quelques auberges c'est déjà interdit.

- Réfléchis sur l'utilité réelle d'avoir le téléphone mobile connecté. Déconnecte toi de la vie de tous les jours, et jouis pleinement du Chemin. Tu peux décider avec ta famille de l'heure où ils peuvent t'appeler.

- Eteins toujours le téléphone mobile en te couchant.

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                                                        Guides Lepère

 

  Le chemin de Saint-Jacques, une fréquentation importante

- Les Chemins vers Saint-Jacques-de-Compostelle ne sont pas des chemins comme les autres. Vous vous engagerez sur des routes millénaires qui ont vu défiler des hommes et des femmes (et même des enfants) de toutes nationalités, de toutes provenances, de toutes croyances et de toutes origines.

- La marche sur le Camino est un cheminement que chacun doit vivre à sa mesure, à son rythme, avec ses convictions. Le succès du chemin vient de la convivialité qu'il entraîne, des rencontres qu'il génère, des lieux chargés d'histoire que vous allez traverser, de la longue marche et du dépouillement matériel que vous allez vivre.

- Vous allez durant ces 31 ou 34 jours, vous lier d'amitié avec d'autres pèlerins. Vous allez partager des repas cuisinés en commun dans les petits gîtes espagnols, mais aussi rencontrer un peu de pluie, du vent, ou le très chaud soleil castillan.

- Vous allez voir et visiter des lieux d'une grande beauté, des monuments historiques majestueux (Burgos, Leon, Compostelle ... ).

- Très vite, vous allez faire le tri dans votre sac à dos pour ne garder que l'essentiel et renvoyer à la maison ce qui vous semblait pourtant indispensable avant votre départ.

- Mais n'oubliez jamais que votre attitude doit être irréprochable. Courtoisie, galanterie, civisme et respect, tolérance (vous comprendrez très vite que ce n'est pas facile d'être tolérant la nuit en face d'un ronfleur !) s'avèrent indispensables pour le bien-être de tous.

- L'aide et l'accueil des hospitaliers volontaires n'est pas un dû. Ces bénévoles (souvent d'anciens pèlerins) ont choisi de donner librement de leur temps pour aider à la bonne tenue des refuges. Ils passent beaucoup de temps à trouver les solutions aux petits tracas du quotidien, mais aussi à jouer du balai et à nettoyer les lieux. Ils font de leur mieux pour aider tout le monde, et peuvent (eux aussi) être fatigués de temps en temps.

- Souvenez-vous, " le touriste exige, le pèlerin remercie".

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                                             Toilettes publiques (Elisabeth)

  http://lepuy-ronceveaux.blog4ever.com/blog/articles-217449-227665.html

 

- Tout marcheur est en puissance un défenseur de l'environnement. "Il n'y a pas de meilleur moyen d'habiter le monde que de l'arpenter à pied, sans rien produire ni détruire" John Muir

- Il faut ici parler d'un sujet que je m'étais promis d'évoquer, mais que je n'osais aborder (c'est idiot, me direz-vous ? : exact). J'ai eu l'occasion d'en parler avec certains pèlerins, plutôt du sexe féminin, mais d'ailleurs cela se comprend, attendez. Alors, allons-y franco. Le sujet concerne le pipi-caca.

- On a vu, sur notre chemin, certains propriétaires qui étaient obligés de mettre des petits panneaux, certains directs, précis, et d'autres humoristiques - je ne me rappelle plus, mais il y en a un en particulier qui était amusant, quelqu'un l'aurait-il pris en photo - car je me mets à leur place. Un beau jardin, un petit coin sympathique, à l'abri des regards et  ne voilà-t-il pas que le coin se retrouve jonché de papier WC multicolore. Sympa, non.  ?

- Autre cas, vous souhaitez faire un petit pique-nique, ou vous reposer 5 minutes dans un endroit à l'abri des regards: même problème, le coin devenu WC publics. Encore un exemple: dans le Gers, j'ai vu un champ de céréales littéralement piétiné à un certain endroit, et pour y retrouver plein de papiers multicolores.

- Déjà que je trouve que, bien souvent, les autochtones sont un peu énervés vis à vis des pèlerins qui multiplient, sans s'en rendre compte, les petits actes soit inciviques soit simplement peu délicats; si en plus on leur parsème leurs terres de PQ, alors on cherche le bâton pour se faire battre, mes amis. Mettons-nous un peu à leur place, et imaginons le contraire.

- Pour ce qui est du gros besoin, ça n'est pas souvent le cas, on suppose que les pèlerins prennent leurs précautions avant de partir.

- Non, bien souvent, ce sont les femmes qui pour aller pisser (excusez le langage direct), prennent du papier WC ou un mouchoir en papier, et qui laissent le tout par terre. Multiplié par le nombre de pèlerins(ines), on imagine bien ce que cela peu produire comme papier dans la campagne et dans une saison....

- Alors, nous les femmes, soyons un peu plus écolo - puisqu'il paraît, selon les publicitaires, que nous avons plus la fibre écolo que les hommes, et selon une obscure et piètre raison qui ferait appel à notre pouvoir de donner la vie (rires). Bon, trêves de plaisanteries, j'aime pas du tout le mot écolo, mais j'aime bien la nature non souillée, tout simplement.

- Alors on prend bien du papier, oui, - quoique - mais, soit on le met sous une pierre, sous de la mousse, on l'enterre avec les moyens du bord et ce qu'il y a autour de nous. D'ailleurs, il mettra moins de temps à se dégrader (il paraît que ce style de papier met 3 mois à se dégrader). Si pas de possibilité, on prévoit de le mettre dans un petit plastique, dans sa poche.

- Enfin, on se débrouille, mais on doit trouver l'endroit exactement comme il était quand on y est venus (ues).

 (on sera de plus en plus à marcher, il faut réagir)

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                                  Association Rhône-Alpes des Amis de Saint-Jacques

   http://partir.amis-st-jacques.org/?page_id=73

 

                                                       Ethique et esprit du chemin

 

  Depuis quelques années, le chemin de Saint-Jacques, vieux de plus de mille ans, connaît un engouement extraordinaire. Cette augmentation significative du nombre de pèlerins a amené des modifications quant à la façon de cheminer et, je le pense, quant aux motivations d’ensemble des partants.

  Voici le texte d’un "pèlerin récidiviste"

 

  Jusqu’à ces dernières années,

 

  Jusqu’à ces dernières années, imprégnés des ouvrages de Lacoste-Messeliére, de Barret et Gurgand, de Vincenot et de quelques autres, les marcheurs adoptaient, quelles que soient leurs motivations, (et Dieu sait si elles étaient variées), une attitude que l’on peut qualifier de "pèlerine".

Il s’agissait en général de marcheurs au long cours, ayant quitté leurs familles et leurs amis, leur pays, leurs habitudes et leur confort, pour se confier au CHEMIN, avec le seul appui de leur sac le plus léger possible, de leur bâton et de leurs chaussures en partant "à la grâce de Dieu".

 

  Leurs motivations n’étaient pas toujours évidentes, le pèlerin laissant au Chemin le soin de faire apparaître le questionnement et d’y apporter la ou les réponses; la recherche cultuelle était le plus souvent présente voire prédominante, beaucoup étant des chercheurs de Dieu.

 

  Le facteur "Durée" avait son importance et, dans la plupart des cas, la marche était envisagée pour plusieurs semaines voire plusieurs mois, jusqu’au bout !

 

  L’utilisation des facilités de transport, de portage du sac, étaient réduites aux cas de force majeure, bref, le pèlerin partait le plus souvent seul, en couple, ou en tout petit groupe plus rarement, laissant à Dieu le soin de le mener à bon port, malgré les difficultés, la solitude, l’absence ou la sobriété des refuges, les chemins pas ou mal balisés.

 

  Fort heureusement, les rencontres, l’accueil spontané des populations, la découverte du  « TOUT » étaient des moments d’une telle intensité que le pèlerinage vers saint Jacques était une merveilleuse étape de la vie, que l’on n’avait de cesse de communiquer aux autres, procurant à chacun un questionnement sur la Foi, un respect, un rapprochement et un amour des autres, une tendance à la solidarité, une relativisation de soi, et même une sensation ambiguë d’humilité et de force en soi, enfin une joie et une sérénité profondes, et un certain stoïcisme. Grâces étaient rendues pour cet état de félicité, état en général durable et fort.

 

  Tout ceci est écrit au passé; fort heureusement, dans la majorité des cas, cette manière de vivre le pèlerinage perdure, mais tout évolue. Des événements majeurs comme la venue du Saint Père à Compostelle en 1987, la proclamation des Chemins de Compostelle comme Premier Chemin Culturel Européen puis leur classement au Patrimoine de l’Humanité, les deux Années Saintes de 1993 et 1999, mais aussi le best-seller de Paulo Coelho, et l’essor de la randonnée pédestre, ont amené presse, radios, télévisions, livres et maintenant Internet à hyper médiatiser le Chemin de Saint-Jacques si bien que maintenant tout le monde a été interpellé par cette aventure humaine.

 

  Ethique et esprit du chemin. Dérives actuelles

 

  Un nombre de plus en plus grand de personnes de tous pays, chaussent les rangers, endossent le sac, et empoignent le bourdon ! Cette médiatisation est certes une bonne chose : il serait bien peu pèlerin de garder pour soi les richesses de l’expérience du chemin ; alors, tout pèlerin ne peut que se réjouir de voir que le plus grand nombre puisse partager la félicité qu’il y a trouvé.

 

  Chaque médaille a hélas un revers et le pèlerin du début des années 90 a parfois du mal à reconnaître l’ancien "Camino" et l’esprit qui y régnait :

 

- Prolifération des refuges dont certains cherchent à être plus luxueux que les autres, perdant ainsi le caractère de simplicité pèlerine qui était le leur ; à noter, dans certaines localités comme Saint-Jean-Pied-de-Port, une certaine foire d’empoigne pour s’approprier les pèlerins débarquant des trains du soir.

- Emploi en Espagne des généreux fonds alloués par l’Europe pour améliorer certes les chemins, mais parfois pour en faire de véritables "routes pour marcheurs", avec leur sol damé, leur tracé rectiligne, bordé d’arbres pas toujours judicieusement plantés.

- Distributions parfois mal préparées et mal contrôlées des "Credencial" nécessaires à l’accès dans les refuges.

- Déjà des distributeurs de Coca-Cola sont apparus dans les petits villages de Galice… à quand les Mac Do avec menu pèlerin.

- Des tours-operators travaillent aussi sur le Chemin, les bus déversant sans aucune précaution leur cargaison de touristes-pèlerins sur le Camino, des artisans proposent le portage des sacs… et des pèlerins.

 

  D’autres dérives commerciales existent certainement. Tout ceci est logique, normal, en tous cas était prévisible.

 

  Tout aussi logiquement, cet état de choses a amené chez certains marcheurs un changement d’état d’esprit, parfois néfaste à la qualité de la pérégrination. L’augmentation massive du nombre de pèlerins fait que la course aux refuges existe parfois surtout en été : mieux vaut arriver au plus vite,   pour être sûr d’avoir un lit ! ceci aux dépends d’un certain égoïsme et d’un esprit de compétition bien peu pèlerins !

 

  En cas de mauvais temps, certains n’hésitent pas à faire toute ou partie de l’étape en bus ou en taxi, aux dépends du pauvre crotté mouillé qui arrive après eux !

D’autres évitent certaines portions ou étapes ingrates réalisant un pèlerinage facile et agréable, sans connaître aucune des conditions qui conduisent le pèlerin à gagner un peu d’humilité et de stoïcisme.

 

  Que dire de ces Associations qui organisent, sur des portions du chemin, un pèlerinage tout préparé avec des groupes de 20 à 30 personnes et qui débarquent dans les refuges, prenant soin d’arriver en petits groupes les uns après les autres pour tromper l’hospitalero, phagocytant les lits pour ceux qui arrivent ensuite, avant d’envahir bruyamment les salles communes au profit du groupe et aux dépends des pèlerins solitaires !

C’est bien sur la faute de l’hospitalero quand celui ci accepte sans broncher des groupes débarquant de leurs voitures avec valises, jupes et talons hauts pour les installer dans les dortoirs.

 

  Voici peint un bien sombre tableau qu’il convient de tempérer.

 

  Voici peint un bien sombre tableau qu’il convient de tempérer. Fort heureusement, les dérives ne sont le fait que d’un petit nombre et c’est tant mieux ! Mais elles n’existaient pas ou étaient rarissimes il y a encore 5 ou 6 ans… Actuellement elles ont tendance à augmenter.

 

  Il convient donc de les connaître pour mieux y parer, ne pas y sombrer si on chemine pour la première fois, et éviter que, rapidement, ce beau et bon chemin ne se transforme en banal chemin de Randonnée. Certes, les pèlerins, les vrais, continueront à marcher vers le tombeau de l’Apôtre mais poussés par les autres, ils seront obligés de marcher sur d’autres chemins que le "Camino Franceé" ou en hiver, en regrettant le bon temps, sans rien dire.

 

  Dépassement de soi, Joie, Gratitude, Humilité, Rencontres, Solidarité, Respect de l’Autre et de son éventuelle différence, Tolérance, Acceptation de sa propre faiblesse et de ses erreurs, voilà comment il convient d’envisager le Chemin de Saint-Jacques. Il continuera alors à être pour la plupart, un merveilleux Chemin de Transformation.

 

  ULTREIA

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                                                        Pauvre chemin de Saint Jacques

  Anonyme (revue Camino, juillet 2010)

 

....Les chemins vers Saint-Jacques de Compostelle ne sont pas un long fleuve tranquille. Les berges du fleuve sont encombrées par toutes sortes d’individus en recherche de bon temps sous couvert d’état de pèlerin.

 

  Petit inventaire à la Prévert :

 

- Il y a ceux qui souhaitent dormir en chambre d’hôte pour un tarif de gîte pèlerin.

- Ceux qui volent le petit déjeuner des pèlerins se levant plus tard mais l’ayant prépayé, alors qu’ils avaient affirmé ne pas en vouloir.

- Ceux qui affirment qu’au regard de leur état de pèlerin, la gratuité du gîte et du couvert leur est due.

- Ceux qui se font déposer au gîte en voiture, car leurs nombreux bagages sont trop lourds à porter..

- Ceux qui réservent dans plusieurs gîtes pour la même nuitée et ne préviennent pas de leur défection.

- Ceux qui vandalisent les gîtes (salle de bain, cuisine, literie), car de toutes les façons ce n’est pas chez eux.

 

  Sans oublier :

 

 - Les pingres.

-  Les pilleurs.

-  Les râleurs professionnels.

-  Les concupiscents libidineux prenant les chemins pour une arène de la drague.

-  Les diffamateurs en tout genre (rien n’est jamais assez bien pour eux).

-  Il y a aussi ceux qui critiquent les hébergements en France (le ciel est tellement plus bleu de l’autre côté des Pyrénées et c’est plus folklorique).

-  Et n’oublions pas les pollueurs des grands chemins qui prennent la terre pour une poubelle…

 

  Civisme, partage, fraternité ne semblent pas être des valeurs communes à tous ceux qui se disent pèlerins.

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                                                           Camino n°110 OCT 2011

 

  Tout le monde a le droit de marcher vers Compostelle, ou ailleurs, et personne ne détient de droits sur quiconque. Ce qui n’est pas acceptable, c’est le comportement de certains… Explications et revue de détails, voilà ce qui gêne sur le Chemin, et spécialement sur le chemin de Saint-Jacques :

 

- Halte au randonneur qui n’a pas porté son sac à dos sur ses épaules (ou à la force de ses bras s’il tire ou pousse un chariot), et qui squatte dès 14 h 00 un lit dans le refuge des pèlerins, en se faisant déposer par un taxi à 1 km de l’étape, en se mouillant avec de l’eau la tête pour faire croire qu’il a fait toute l’étape à pied… il faudra lui proposer une chambre d’hôtel ou une chambre d’hôtes.

- Halte au randonneur qui n’accepte pas le règlement intérieur à toute structure publique ou privée, sous prétexte qu’il a payé et qu’il a des droits (ex: celui qui ne frappe pas, mais pulvérise la porte d’entrée sous des coups de boutoir). non, le pèlerin a aussi des devoirs... il faudra lui proposer un séjour ailleurs.

- Halte au randonneur qui se plaint de la promiscuité des lieux dans les dortoirs communs... à 12 -15 euros, on se contente de ce que l’on trouve…. il faudra lui proposer une chambre dans un hôtel 3 étoiles, ou alors de faire la conversation nocturne avec Cassiopée.

- Halte au randonneur qui part très très tôt (afin dit-il d’éviter la chaleur !), mais qui veut surtout s’assurer de trouver un lit à l’étape… il faudra lui dire de rester chez lui où il est sûr de trouver un lit chaque jour, ou d’aller à l’hôtel le plus proche.

- Halte à l'hébergeur qui impose la demi-pension obligatoire, sous menace de dormir dehors. Il faudra lui dire que la vente forcée est répréhensible par la loi.

- Halte au coureur de jupons qui veut "draguer la minette" pour augmenter son tableau de chasse… il faudra lui dire que le respect de la personne humaine est sacré, et que l’ "on ne badine pas avec l’amour.. " (Alfred de Musset, 1834)

- Halte au "crado" que l’on suit comme le Petit Poucet, parce que faire 50 mètres pour trouver une poubelle est fatiguant… il faudra lui dire qu’aller à Compostelle est encore plus fatiguant.

- Halte à celui qui ne fait pas la vaisselle (des ustensiles qu’il a utilisés) "parce qu’il y a un hospitalier"... il faudra lui apprendre la civilité et la courtoisie.

- Halte au randonneur qui réserve 3 refuges pour la nuit, et qui ne prévient pas qu’il ne sera pas présent le soir ou le lendemain...  il faudra lui dire que, sur le chemin, Radio Camino est très écoutée… et que tout finit par se savoir… et que la politesse existe toujours en 2011 !

- Halte au randonneur à qui l'hébergeur demande de confirmer la veille sa réservation, qui ne le fait pas, et qui lorsqu’il arrive au gîte fait un scandale parce que sa place à été attribuée à un autre… il faudra lui dire que la consigne qui lui a été demandée n’a pas été respectée.

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                                    refuge de Bénévent l'Abbaye (chemin de Vézelay)

 

  communiqué par Michel Pasquier - mipasquier@sympatico.ca     

  Il me fait plaisir de partager avec vous les deux textes suivants qui étaient affichés dans le refuge de Bénévent l'Abbaye (chemin de Vézelay) en avril 2008.

 

1) Ce CHEMIN n’est pas un itinéraire touristique: c’est une ÉCOLE de détachement, d’humilité et de connaissance de soi-même et des Autres. Quand les gîtes y seront "tout confort", ce sera la fin d’une tradition vieille de 1000 ans.

 

2) Si ce gîte ne vous convient pas, c’est que votre place n’est pas ici, mais en chambre d’hôte ou à l’hôtel. Rendez immédiatement les clés, on vous rendra vos Euros, et laissez ce lieu aux vrais pèlerins, il leur convient.

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                                                       La simplicité sur le chemin

          André. Gîte Pèlerin Hospitalet Saint Jacques, Aire sur l’Adour. www.saintjacques-hospitalet.fr

                                                       Camino n° 113 Janvier 2012

 

  La simplicité est un des fondements de l'esprit pèlerin et de l'esprit du chemin.

 

  Il y a deux formes de simplicité sur le chemin:

 

1) La simplicité vécue volontairement:

  Beaucoup de pèlerins souhaitent vivre ou retrouver la simplicité en esprit, dans leur coeur, tout au long du chemin.

  Cette volonté de simplicité intérieure se concrétise aussi par une simplicité dans les actes de la vie courante du pèlerin (laver son linge à la main, cuisiner son repas, vivre le contact avec les autres pèlerins dans les chambres partagées et les dortoirs).

  Il y a dans cette simplicité volontaire l'idée d'une rupture avec des besoins, un certain confort quelque fois excessif, pour retrouver de vraies valeurs.

 

2) La simplicité vécue par obligation:

  C'est celle des pèlerines et des pèlerins qui ont peu de moyens financiers. Ils ont de plus en plus de mal à faire le chemin.

  Ces pèlerines et ces pèlerins doivent être l'objet de toute notre attention, et notre première raison d'être pour ceux qui donnent l'Hospitalité. Sinon le chemin de Saint Jacques ne sera bientôt plus un chemin de pèlerinage, mais autre chose qui ne mérite même pas qu'on en parle.

 

  La simplicité doit rester possible et gratuite dans les actes de la vie courante d'un pèlerin, dans les hébergements tout au long du chemin.

  Exemples: Pouvoir se cuisiner ses repas dans une cuisine équipée dont l'usage est gratuit. Pouvoir se faire soi-même son petit-déjeuner.

 

  La simplicité favorise les rencontres, le partage.

  La simplicité favorise le lâcher prise.

  La simplicité amène à la douceur et à la paix intérieure.

  La simplicité ouvre les sens et permet de voir, sentir, toucher, entendre, en résumé vivre vraiment ce qui est beau, vrai et bon.

  La simplicité fait que le pèlerin va à l'essentiel.

 

  Qu'elle soit volontaire ou obligatoire, la simplicité doit pouvoir continuer d'être vécue sur le chemin de Saint Jacques.

  Si vous aimez le chemin de Saint Jacques, faites-le dans la simplicité en privilégiant les lieux où vous pourrez la vivre. Ainsi vous protégerez le chemin des dérives commerciales présentes et futures.

  Quand la simplicité est vécue, partagée, avec les autres pèlerins et avec ceux qui vous donnent l'Hospitalité dans leur maison, alors là... une assiette de pâtes, un petit verre de vin et un bout de chocolat partagés deviennent un festin.

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                                                       Le point de vue de Christiane

                                                     Zoreilles du Chemin n°28 Déc 2012

 

  Excusez-moi pour l'inconfort que vous ressentirez peut-être en lisant ces mots, mais en cette fin de saison jacquaire, il y a un trop-plein de mécontentement face à des comportements indélicats et irresponsables de certains marcheurs se prétendant être pèlerins.

  Je peux tolérer et supporter beaucoup de choses, mais trop, c'est trop ! Et je ne suis pas la seule, je parle au nom de plusieurs hébergeurs, sur cette voie où le portage de sacs n'est pas organisé, Dieu merci !

  Que tous ne se sentent pas visés, c'est une minorité de marcheurs qui nous gâchent le plaisir d'accueillir, mais cela finit par nous exaspérer.

 

- Il faut apprendre à assumer vos choix: faire une longue étape, arriver tard, parfois sans vous annoncer, et espérer la demi-pension, et vous fâcher ou paniquer si je vous dis que je ne sers pas le repas.

 

- On n'organise pas une étape de 18 km de la même façon qu'une étape de 34 km ! Et partir pour 34 km sans s'assurer qu'il y a de la place, c'est de l'inconscience !

 

- Certains veulent être libres, ne pas se contraindre à réserver, arriver tard, passer une demi-heure sous la douche sans se soucier que d'autres attendent leur tour, et n'avoir plus qu'à mettre les pieds sous la table et être servis... Avant, on disait: le touriste est roi ! Il y a donc tant de ''touristes''sur le chemin ?

 

- Savoir qu'en arrivant tard, au mois d'octobre où les journées raccourcissent, votre linge ne sera pas sec pour le lendemain. Est-ce à nous de payer l'électricité du radiateur que vous ne tarderez pas à allumer pour sécher votre linge, alors que la température de la chambre ne nécessite pas de chauffage ?

 

- Essayer plusieurs lits pour en trouver un à votre goût, sans réaliser que tous les draps seront chiffonnés, et que le lendemain matin, je me gratterai la tête en me demandant dans quel lit vous avez bien pu dormir. Ce serait tellement plus simple pour nous si vous n'utilisiez qu'un seul lit, et si vous pensiez à enlever la taie d'oreiller de votre lit !

 

- Si certains peuvent prendre une douche sans inonder toute la salle de bain, pourquoi pas vous ? Et que dire de l'état des toilettes après votre passage, messieurs ?

 

- Certains pèlerins ont dû passer une heure à remettre en état de propreté la cuisine d'un gîte communal, après le passage des cinq pèlerins de la veille, qui avaient laissé la cuisine dans un état de souillure indescriptible. Passer la vaisselle utilisée sous le robinet d'eau froide et la laisser égoutter, alors que du produit de vaisselle est à votre disposition, qu'un torchon est posé là, bien en vue, ne souhaitant qu'à servir, et nous obliger à repasser derrière vous pour que tout soit propre pour les suivants, vous trouvez cela normal ?

 

  Ça sert à quoi d'être sur le chemin si ce chemin n'est pas l'occasion d'un petit pas vers une conscience collective et écologique ?

  Ça sert à quoi d'être chaque année sur une voie jacquaire si son chemin n'est pas l'occasion de sortir un peu de nos égoïsmes et lâcher un peu nos exigences ?

 

  Je me sens, grâce à ces quelques lignes rédigées à chaud, allégée et en ordre vis à vis des pèlerins qui doivent eux aussi subir de tels comportements. Je pourrai reprendre l'accueil la saison prochaine avec coeur, en espérant que ceux qui se sentent visés auront compris quelque chose, et auront toute leur place sur le chemin. Aujourd'hui, plus que jamais, une conscience collective est nécessaire, et le chemin est un lieu d'apprentissage.*

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                                        Pèlerins et randonneurs sont-ils si différents ?

                                    Jean-Marc LUCIEN - Président de Webcompostella

 

  Depuis quelques années, il est de bon ton de nous reprocher d'opposer les pèlerins et les

randonneurs lorsque nous parlons de la démarche spirituelle sur les chemins de Saint-Jacques.

 

  Plus exactement ce sont les détracteurs de l'existence même d'un pèlerinage religieux sur ce chemin millénaire qui nous accusent de dresser l'une contre l'autre des catégories qu'ils voudraient imaginer !

  Il y a bien sûr ceux qui nous expliquent depuis longtemps (historiens et oeuvres d'art à l'appui) que le pèlerinage n'a jamais existé, et qu'il n'est qu'une invention des années 1970, et ceux qui voudraient n'y voir qu'une manne financière destinée à nourrir l'économie locale, sans vouloir chercher à comprendre pourquoi tant de monde part sur le chemin plutôt que d'aller faire le GR20 en Corse.

  Soyons clairs et précis et posons la vraie question : Qui sont ces gens qui partent si nombreux sur le chemin de Compostelle, et pourquoi sont-ils là ?

  Si l'on prend le temps de parler avec eux, d'aller à leur rencontre, et de partager un peu de notre temps avec eux, on s'aperçoit très vite que, s'il y a opposition, c'est bien entre ce qu'ils disent être, ce qu'ils pensent être et ce qu'ils sont vraiment.

  Certains partent véritablement en pèlerinage, d'autres affirment randonner sur le chemin, mais certains nous avouent que la coquille est une étiquette qu'ils se donnent de pèlerin sans même en percevoir le sens profond, quand certains autres reconnaissent qu'ils n'ont pas choisit par hasard ce chemin-là de randonnée...

  Sans parler des nombreux témoignages que nous recevons, où les randonneurs pèlerins du départ nous expriment combien ils ont pu changer au fil de leur cheminement !

  Alors, mettons un terme à cette fausse polémique : nous n'opposons aucune démarche, car il n'y en a

qu'une !

  Si l'on s'en réfère à la définition même du mot pèlerin, nous sommes tous des pèlerins sur cette terre, car nous marchons tous vers le même but qui sera notre mort terrestre, et, pour ceux qui veulent y croire, le Sanctuaire définitif, lorsque notre Vie prendra son vrai sens.

 

  Mais alors, me direz-vous, qui est pèlerin et qui est randonneur ?

 

  On peut à mon sens le résumer en une courte phrase, est pèlerin celui qui accepte son état de pèlerin. C'est effectivement quelque chose qui nous est propre et intime et qui échappe à l'appréhension de l'autre.

  On ne peut pas dire à quelqu'un: "tu es pèlerin", mais quelqu'un peut nous affirmer, comme il me l'a

déjà été écrit, "Je suis un pèlerin...heureux" !

  Ce que les autres verront de mon état de pèlerin, ce sont les fruits qu'il produit; comme le dit le père Ihidoy, notre exemple de l'accueil sur le chemin, ce sont les petites étoiles qui brillent dans les yeux du marcheur...

  Et par quel miracle ces petites étoiles brillent-elle ? Ce sont bien les fleurs du pèlerinage, qui éclosent au bout de quelques jours de marche, sans qu'on y prenne garde ou qu'on les recherche

particulièrement, qui font du chemin derrière nous un sentier de couleur et de lumière. Un chemin

de joie et de paix...

  Mais que nous apprend donc ce chemin pour que tout à coup nous nous sentions pèlerins ?

 

  Découvrir l'esprit du chemin

 

  Si je m'en réfère à ma petite expérience personnelle et aux échanges que j'ai pu avoir avec les milliers de

pèlerins accueillis en 7 ans, il me semble que deux vertus essentielles se réveillent en cheminant vers Saint-

Jacques.

  La première c'est l'apprentissage de la confiance. Confiance dans les autres, ceux qui nous entourent, qui

souffrent comme nous des même douleurs de pieds, d'épaules, qui pleurent comme nous souvent, et qui nous sourient aussi, nous tendent la main, nous offrent un morceau de pain...

  Nous ne savons souvent rien d'eux, mais ils sont devenus nos frères et soeurs parce que nous avons accepté cette ouverture aux autres, et cela nous rassure sur l'humanité.

  Confiance aussi dans le lendemain qui nous attend, savoir que l'on aura toujours ce dont on a besoin pour accomplir notre chemin. Ramener nos vies à l'essentiel est un des fruits de la confiance.

  Pour certains cela ira jusqu'à la découverte ou aux retrouvailles avec la Foi, image suprême de la

confiance, celle que l'on accorde à Dieu seul et qui pourtant est l'essence de tout.

 

  La deuxième, plus subtile, est la redécouverte de l'humilité. Un mot qui a bien disparu de nos

dictionnaires et de notre vocabulaire, mais qui est l'expression même de notre état de pèlerin.

  Au bout de quelques jours sur le chemin, l'apparence sociale, la carapace que nous nous sommes tissée, les valeurs matérielles dont nous nous prévallons, tout cela vole en éclat !

  Il nous reste juste notre humanité, pour marcher à côté d'autres êtres humains comme nous. On apprend très vite à aimer celui qui nous tend un morceau de pain, quand nous avons oublié notre sandwich dans le frigo du gîte; ou celui qui va s'arrêter pour nous aider à traverser une rivière ou un passage glissant; ou celui qui va poser sa main sur notre épaule quand on se demande, en pleurs, ce que l'on est venu f... là !

  Quel bonheur de découvrir qu'il y a toujours une place pour nous, même si ce n'est pas celle que l'on voulait (la première près de la fenêtre avec le matelas neuf...!).

  On apprend même à accepter que certains "trichent" en prenant le bus, prennent les premières places alors qu'ils n'ont pas marché, nous obligent à passer notre chemin, trouver un autre hébergement ou taper aux portes pour un abri pour la nuit (jamais je n'aurais osé le faire, sinon sur le chemin vers Saint-Jacques).

  Quand on atteint cette humilité là, avec la confiance qui va avec, on a gagné la liberté, avec les petites étoiles du père Ihidoy dans les yeux, et l'on sait que l'on est pèlerin !

 

  Ces quelques lignes suffiront-elles à convaincre nos "détracteurs" que nous ne cherchons pas à opposer pèlerins, marcheurs et randonneurs mais seulement à essayer de donner un sens à chacune de ces démarches et à montrer que leurs attentes sont différentes ?

  Sans doute non, et nous souhaitons que ce débat soit largement ouvert et se prolonge.

  Alors tous à vos plumes :

  Pèlerins, marcheurs, randonneurs, hébergeants et accueillants, donnez-nous votre opinion en

répondant au petit questionnaire disponible en suivant ce lien

  http://www.webcompostella.com/forms/

 

  Toutes vos remarques seront rassemblées et publiées de façon non nominatives et formeront la

trame d'un travail que nous engageons sur le thème "Etre pèlerin aujourd'hui".

  Merci de votre participation à tous

 

  Jean-Marc LUCIEN

  Président de Webcompostella

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                                                                       19/11/2013

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