Sens du pèlerinage (G. de La Brosse)

 

                                                               Le sens du pèlerinage (Gaële de La Brosse)

                                                                             Pèlerin magazine HS 2011

 

     Cheminement                 

  Le pèlerinage correspond à un temps de remise en cause, de quête et de questionnements. Il est à l'image de la vie, avec ses épreuves et ses bonheurs. 

  Le terme "pèlerin" désigne celui qui va "per ager", "à travers champs", et devient, par conséquent, "étranger".  Étranger à son pays, mais aussi à ses préoccupations quotidiennes. Il prend du recul par rapport à son ancrage, à ses certitudes. Le pèlerinage, c'est donc un moment de quête. Pourquoi suis je sur Terre? Que puis-je donner? Comment rendre ce que j'ai reçu? Comment réussir ma vie ? 

  Cette vie est courte, à l'image d'un voyage: les étapes sont des "tranches" de notre existence, et la destination finale symbolise son terme. Ainsi, un pèlerinage peut aider à y voir plus clair dans notre existence.

 

     Les épreuves du pèlerinage

  Les différentes étapes du pèlerinage correspondent aux étapes de la vie. 

  Les épreuves, tout d'abord, que nous rencontrons sur la route, en commençant par les plus courantes: les caprices de la météo (la pluie, le froid ou le soleil brûlant), les douleurs physiques dues au sac à dos et à l'effort de la marche. Ces épreuves qu'il faut surmonter pour avancer symbolisent celles de la vie.  

  Dans sa marche, le pèlerin rencontre des montagnes, des déserts et des ponts. 

  Les montagnes sont de rudes étapes, à la fois parce qu'elles sont difficiles à conquérir, mais aussi parce que, dans toutes les religions, ce sont des sites sacrés où habite la divinité. Elles représentent les difficultés à gravir dans la vie: les souffrances, les deuils ... De même, dans la vie spirituelle, toute ascension est progressive: l'âme doit gravir un à un les degrés de la vie intérieure pour réussir son envolée vers les cimes. 

  Le deuxième lieu symbolique, c'est la "traversée du désert". L'exemple le plus évocateur est, sur le camino francés, celui des paysages de Castille, qui sont à la fois si pénibles et si féconds. Le soleil qui brûle, les étendues désertiques, le manque de relief favorisent le déconditionnement de l'âme - son "nettoyage". .Le désert est, comme la montagne, un lieu privilégié pour la rencontre avec la divinité. 

  Un autre symbole est le pont, qui représente le passage. Une traversée qui n'est pas sans risque: au Moyen Àge, c'est là que les brigands détroussaient les pèlerins. Ces ponts symbolisent les passages d'une étape à l'autre.

 

     Les bonheurs de la route

  Après les passages difficiles, il y a les bonheurs de la route, qui peuvent être comparés à ceux de notre vie quotidienne. 

  L'un des bonheurs les plus intenses est sans doute l'hospitalité. De nombreux gîtes sont "donativos" (en libre participation aux frais), et chacun donne ce qu'il peut. L'hospitalier qui accueille le pèlerin est lui-même bénévole. Dans cette démarche, l'hospitalier reçoit autant que le pèlerin. Le mot "hôte" désigne d'ailleurs aussi bien celui qui accueille que celui qui est accueilli. 

  La fraternité s'impose sur le chemin. Les jacquets se tutoient, Le masque social tombe. Ils sont compagnons, terme qui vient de "cum panis", "celui qui mange son pain avec". Ainsi retrouve-t-on la solidarité sur les chemins (pour traverser une rivière, porter un sac... ). 

  La nature, avec la succession des saisons, nous enseigne qu'il faut suivre un rythme dans la vie, sans brûler les étapes.  

  Quant à la contemplation du patrimoine, elle nous réapprend à apprécier la beauté, à reconnaître les traces du sacré et à retrouver le sens des symboles communs que nous avons perdu.

 

     Dans le pèlerinage comme dans la vie,

  ces moments se complètent: les instants de bonheur aident à dépasser les épreuves. Cette considération peut nous aider à ne pas se laisser atteindre par le découragement, et à ne pas considérer de manière isolée les épreuves que l'on rencontre dans notre vie. 

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     Prière du départ (bénédiction qui figure sur la Créanciale)   

  Dieu tout-puissant, tu ne cesses de montrer ta bonté à ceux qui t'aiment, et de te laisser trouver par ceux qui te cherchent.

  Sois favorable à ton pèlerin qui part sur le chemin de Compostelle et dirige ses pas selon ta volonté.

  Sois pour lui un ombrage dans la chaleur du jour, un abri dans les intempéries, une lumière dans l'obscurité de la nuit, un soulagement dans la fatigue, afin qu'il parvienne heureusement sous ta garde devant le tombeau de l'apôtre Jacques.

  Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen.   

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delhommeb at wanadoo.fr - 21/04/2011