Conseils (Fabrega)

 

   Conseils pour le pèlerinage  

(Fabrega. El Camino de Santiago. Espasa Calpe 2004)

 (traduit de l'espagnol)

 

     LA PREPARATION PREALABLE

 

Information

Indépendamment des motivations d'ordre religieux ou spirituel qui amènent à entreprendre le chemin de Saint Jacques, la signification du Camino ne pourra jamais être appréciée complètement sans connaître son histoire et les témoignages monumentaux et artistiques innombrables qui peuvent se trouver sur le parcours. Un livre ou un bon guide aideront à ce que le pèlerinage soit une expérience plus complète et inoubliable.

 

Il faut aussi décider quel chemin parcourir, en fonction de beaucoup de facteurs (lieu de résidence, longueur et difficulté de l'itinéraire, infrastructures, façon d'effectuer le pèlerinage, conditions physiques, etc.). L'information préalable sur tout cela, au moyen d'un bon guide, s'avère indispensable. L'immense majorité des voyageurs choisit le Camino Francés, depuis Roncevaux ou depuis le Somport, qui sont ceux qui jusqu'à aujourd'hui disposent d'une meilleure infrastructure (entretien et signalisation du chemin, auberges, services). Toutefois, dans les derniers temps, l'action conjointe des diverses Associations d'Amigos del Camino et les administrations autonomes et municipales sont en train de renforcer d'autres parcours, comme le Chemin du Nord, la Voie de la Plata, le Chemin du Sud-Est et la route catalane de l'Ebre.

 

À pied, en bicyclette ou  à cheval

Ce sont les trois façons d'effectuer le pèlerinage qui permettent de gagner la Compostela, c'est-à-dire la certification d'avoir effectué le Camino en couvrant les distances minimales exigées pour cela. De fait, tous ceux qui vont en pèlerinage à Santiago sont à pied (77%) ou en bicyclette (22.5%); les infrastructures préparées pour recevoir des chevaux sont rares, même sur le Camino Francés (bien qu'elles aient augmenté en Castille et Leon et en Galice), ce qui exige une planification spéciale des étapes.

 

Actuellement beaucoup de personnes entreprennent le Camino, ou une partie de celui-ci, par intérêt culturel, artistique et paysager, en utilisant l'automobile. Naturellement, ils ne peuvent pas transiter avec elle par les sentiers du Camino, mais par les voies de communication les plus proches. Il y a des guides spécifiques utiles pour cette façon de faire le voyage; toutefois, on doit rappeler que les auberges de pèlerins admettent seulement des pèlerins à pied, en bicyclette et dans quelques cas à cheval, c'est pourquoi ceux qui se déplacent en automobile doivent se loger dans des établissements hôteliers.

 

L'époque du pèlerinage

La première décision est le choix de l'année; si elle tombe en Année Sainte, l'afflux de pèlerins sera beaucoup plus grand, avec certaines difficultés pour le logement dans les auberges, mais on gagne en échange les indulgences.

 

Le choix de la saison est très important, par rapport au Chemin choisi et à son profil orographique. Les trois quarts des pèlerins optent pour l'été, pour des raisons évidentes de disponibilité de jours de vacances. Moins de cinq pour cent choisissent les mois d'octobre à avril, époque où non seulement le froid est un inconvénient, mais surtout la pluie et la neige dans les zones montagneuses (Pyrénées, montagnes de Lugo). Pendant ces mois-là il y a de gros problèmes pour faire le Chemin en bicyclette.

 

Les mois d'été assurent - ce qui est rationnel - du beau temps, mais présentent aussi des problèmes de sur-affluence dans les auberges. On doit prendre en considération que la majorité de ceux qui entreprennent le Camino Francés partent de Roncevaux ou  du Somport dans le premier week-end de juillet ou  d'août, pour arriver à Santiago dans le terme approximatif d'un mois. Echelonner le départ permettra d'éviter les inconvénients dérivés de la saturation des auberges.

 

Le beau temps a aussi des inconvénients ; la chaleur et le soleil peuvent, dans un voyage aussi long, causer des problèmes aux pèlerins s'ils ne sont pas convenablement préparés. Le printemps et le septembre sont peut-être les meilleurs moments pour faire le voyage.

 

Planification des étapes

C'est un premier pas très important, pour lequel il est nécessaire de compter sur un bon guide qui informe sur les caractéristiques géographiques du parcours et les infrastructures (auberges, services, etc.). Il est recommandé de commencer à programmer des étapes courtes, en fonction d'une appréciation réaliste de ses propres conditions physiques et des caractéristiques du terrain. La distance normale à parcourir à pied en une étape peut aller de 20 à 35 kilomètres; en allant en bicyclette de montagne, les étapes peuvent osciller entre 60 et 100 kilomètres. En tout cas, il convient de ne pas se soumettre à des exigences importantes et de planifier les étapes entre auberge et auberge. En outre, l'information préalable permettra de connaître à l'avance les attraits historiques, culturels et artistiques du trajet, c'est pourquoi il faut réserver du temps pour pouvoir les apprécier avec le calme nécessaire.

 

Entraînement et soins physiques

Marcher quotidiennement 20 kilomètres ou pédaler pendant 60 sont des efforts physiques d'une certaine importance; si les distances s'élèvent jusqu'à 35 et 100 kilomètres respectivement, l'effort croît de manière exponentielle. Pour cette raison, c'est une imprudence manifeste d'entamer le Chemin sans une phase préalable de préparation physique (suivant l'âge et les conditions personnelles, il est nécessaire aussi de se soumettre à un contrôle médical), qui doit inclure des séances progressives de marche - en charge avec un sac à dos avec le poids réel qui sera porté pendant le voyage, poids auquel nous nous référerons par la suite - ou en bicyclette, jusqu'à pouvoir effectuer sans effort exagéré les distances moyennes des étapes.

 

Les pieds doivent faire l'objet de soins spéciaux. Il est très recommandé de marcher pendant les jours avant le départ avec les chaussures mêmes qu'on utilisera pendant le voyage, et qui ne doivent en aucun cas être neuves. En outre, on doit réviser les pieds, spécialement les ongles, avant le départ, et aller chez le podologue en cas de besoin. Pendant le voyage, des soins doivent être prodigués. Il est nécessaire de marcher avec les pieds lubrifiés avec de la vaseline ou d'autres produits analogues, spécialement les orteils; laver et rafraîchir les pieds pendant le cours de l'étape, bien les sécher et utiliser des chaussettes qui soient toujours sèches, en les changeant avec la fréquence nécessaire, en veillant qu'il ne se forme pas de plis dans les chaussettes, et en les mettant à l'envers, pour que les coutures n'entrent pas en contact avec la peau. En finissant chaque étape, les bains d'eau tiède avec du sel et du vinaigre, et ensuite un massage avec de l'alcool aideront à la récupération pour la journée suivante.

 

Finalement, la préparation doit aussi être psychologique. Le Camino doit être entrepris avec l'espoir des grandes possibilités de joie que l'expérience peut procurer, mais aussi en assumant à l'avance les difficultés, ennuis et inconvénients de tout type qui peuvent se présenter, avec l'esprit prédisposé pour les dépasser.

 

Les bagages

Le poids le plus recommandable pour charger le sac à dos - on ne doit pas oublier qu'il s'agit de marcher pendant une période qui peut atteindre trente jours, à raison d'un minimum de vingt kilomètres quotidiens -, devrait être équivalent à dix pour cent du poids corporel, avec un maximum de neuf kilos. La sélection des bagages dépendra de la façon dont le voyage va se faire, en solitaire ou accompagné; dans ce dernier cas, il est recommandé de partager les équipements d'usage commun et de distribuer la charge entre tous les membres du groupe.

 

L'époque de l'année où on entreprend le voyage sera aussi déterminante. Pour faire le pèlerinage au printemps et en été, entre avril et octobre, et avec les limitations de poids précédemment signalées, en utilisant un sac à dos léger et anatomique, les bagages devraient intégrer, au minimum: chaussures de trekking déjà utilisées et adaptées au pied ; deux ou trois chemisettes de coton ; trois rechanges de sous-vêtements ; trois ou quatre paires de chaussettes, préférentiellement de laine ; deux chemises ; un pantalon court et un autre long ou démontable ; un pull-over léger ; une cape de pluie qui couvre aussi le sac à dos ; une veste ou un blouson et un pantalon imperméable ; deux mouchoirs ; un maillot de bain (en été) ; un chapeau à large bord ou une coiffure légère et avec visière ; des chaussures de sport ou des sandales pour l'après-randonnée et des tongs ; une serviette pas très grande ; des lunettes du soleil ; une banane; et un bon sac de couchage. Si le pèlerinage est effectué en début de printemps et en automne avancé, il est nécessaire que le pull-over soit épais, qu'un pantalon soit en velours, et qu'on emporte aussi une fourrure polaire, un bonnet et des gants de laine.

 

Les éléments d'hygiène devraient inclure : savon liquide ou gel pour corps et cheveux, de taille petite ou moyenne ; éponge ; désodorisant ; petit peigne ou brosse pour les cheveux ; pâte et brosse à dents ; rasoir à lame  ; coupe-ongles ; une savonnette pour laver les vêtements ; un rouleau de papier hygiénique ; les dames devraient ajouter aussi compresses ou tampons.

 

La trousse de secours de base doit contenir : crème solaire de protection forte ; crème pour les brûlures ; pansements adhésifs ; alcool ; gazes, sparadrap; Bétadine ; aspirine ; crème protectrice contre les moustiques et pour les piqûres ; un antihistaminique pour les allergies ; vaseline ou onguent pour pieds; et petits ciseaux.

 

D'autres éléments pratiques à emporter sont : guide du Camino ; téléphone portable et chargeur ; aiguille et fil, six épingles de sûreté et pinces à linge ; une taie d'oreiller ; une bourse en matière plastique pour garder les vêtements sales ; une petite lampe de poche; un briquet ; un couteau multi-usages ; un verre en aluminium ou en fer blanc ; le bourdon et la coquille de pèlerin ; cahier de notes et stylo à bille ; bouchons pour les oreilles (dans les auberges on partage le dortoir avec plusieurs personnes). On pourrait aussi inclure bouteille ou gourde et un petit appareil photographique. Dans la majorité des refuges il y a des poêles ou des casseroles.

 

Si on fait le Camino en bicyclette, en plus d'une révision consciencieuse avant le départ, on doit emporter le casque obligatoire, un cadenas, vêtements de cycliste, outils et deux chambres à air de rechange.

 

Finalement, il ne faut pas oublier : la carte d'identité (D.N.I.) ou le passeport ; la carte de Sécurité Sociale et la carte d'assurance médicale ; la credencial du pèlerin ; argent liquide (pas beaucoup) et carte de crédit ou  pour distributeur automatique.

 

     PENDANT LE PELERINAGE

 

Auberges

La carte de pèlerin doit être obtenue au point de départ (auberges ou Associations d'Amis du Chemin). Il est nécessaire de s'informer préalablement. Les auberges ouvrent généralement à partir de midi et la majorité ferment en début de nuit. Il est nécessaire de s'adapter aux normes de chaque auberge et de suivre les instructions de l'hospitalero ou du responsable, de s'adapter à la coexistence avec d'autres personnes et, même si ce n'est pas exigé, de laisser un don. Les auberges n'admettent pas de réservations, ni ne permettent de se loger plus d'une nuit, sauf cas de maladie ; les pèlerins à pied ont priorité sur les cyclistes. Si on voyage en groupe nombreux, proche ou supérieur à dix personnes,  lors des époques d'afflux de pèlerins, il sera préférable de chercher d'autres logements.

 

Surveillance

Il est indispensable de surveiller attentivement le sac à dos, et de ne jamais se séparer des papiers, argent et cartes de crédit.

 

Affronter chaque journée

La principale condition pour affronter chaque journée est la disposition d'esprit et la bonne humeur. La distribution du temps dépendra de l'époque de l'année et  de la planification effectuée préalablement (extension du parcours, lieux d'intérêt et monuments à visiter). En été il est recommandé de commencer tôt, pour éviter dans la mesure du possible les heures de plus grande chaleur. Il n'est pas nécessaire de se doucher le matin, parce que cela affecte le tonus musculaire, mais en tout cas ne pas le faire à l'eau chaude, parce que cela favoriserait la formation d'ampoules. Avant de partir, il faut faire des exercices d'étirement musculaire pendant quelques minutes. Si on a décidé de voyager en groupe, le rythme de la marche est déterminé par la personne la plus lente.

 

Alimentation

L'alimentation, spécialement à midi et aussi pour le dîner, ne doit pas être copieuse ; il est nécessaire que l'ingestion soit riche en hydrates de carbone (pâtes, avec des sauces légères) et avec plus de composés sucrés que la normale, pour leur valeur énergétique. Il est recommandé de porter toujours sur soi quelque chose à manger, pas beaucoup, et de l'eau.

 

Le Chemin

Le sentier du Camino est indiqué par les flèches jaunes. En prévision de leur absence, il est nécessaire de s'informer préalablement à l'auberge avant le départ et de compter sur un bon guide détaillé.

Il est fondamental de respecter l'environnement par lequel passe le Chemin, en évitant de jeter des ordures et des mégots. Il est aussi recommandé de suivre un rythme constant, celui qui est adapté aux conditions du pèlerin, et de ne pas faire d'arrêts excessivement prolongés sans motif justifié (visite d'un monument, etc.).

 

La credencial de pèlerin

Ce document accrédite la condition de pèlerin, il est personnel, et il est délivré seulement à ceux qui effectuent le pèlerinage à pied, en bicyclette ou  à cheval. Il peut être obtenu dans le lieu où on entame le parcours, ou par le biais des Associations d'Amis du Chemin de Saint Jacques. Il faut seulement présenter la carte d'identité (D.N.I.). La délivrance est immédiate, généralement gratuite, bien qu'une somme minimale puisse être perçue.

 

La credencial est indispensable pour  loger dans les auberges de pèlerins, en accord avec la capacité de ces dernières et avec l'ordre d'arrivée, les pèlerins à pied ayant priorité. Elle sert aussi à obtenir des remises spéciales dans des musées, monastères et autres lieux du Chemin. Dans les auberges on tamponne la credencial pour certifier le passage du pèlerin.

 

Sur le Camino Francés, la credencial peut être obtenue dans les lieux suivants : Canfranc (bureau de tourisme de Canfranc, gare), Jaca (église Santiago), Roncesvalles (bureau du pèlerin), Larrasoaña (auberge de pèlerins), Pamplona (auberge de pèlerins ; Université de Navarre) ; Puente la Reina (auberge de pèlerins), Estella (auberge de pèlerins), Logroño (auberge de pèlerins), Santo Domingo de la Calzada (auberge de pèlerins de la Cofradia del Santo), Burgos (auberge de pèlerins de l'Association d'Amigos del Camino de Burgos), Fromista (bureau du pèlerin dans le Monastère de San Zoilo), Leon (auberge de pèlerins), Astorga (auberge de pèlerins), Molinaseca (auberge de pèlerins), Ponferrada (auberge de pèlerins), Villafranca del Bierzo (auberge de pèlerins Ave Fénix), O Cebreiro (auberge de pèlerins), Samos (auberge de pèlerins du Monastère), Sarria (auberge de pèlerins), Portomarin (auberge de pèlerins).

 

La Compostela et la Fisterra

La Compostela est le document, accordé par la cathédrale de Santiago, qui assure qu'on a effectué le pèlerinage.

À cet effet, il est nécessaire de montrer, par la présentation de la credencial de pèlerins estampillée par les auberges correspondantes, qu'on a parcouru un minimum de 100 kilomètres  à pied ou à 200 en bicyclette ou  à cheval, avant d'arriver à Santiago. L'origine de la Compostela date de l'apogée du Chemin, pendant l'époque médiévale, quand effectuer le pèlerinage était un signe de distinction et un motif de considération sociale.

 

Le prolongement du pèlerinage à Fisterra est accrédité avec la Fisterra, document qui peut être obtenu à l'auberge de pèlerins de cette localité.

 

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                                                                       01/08/2006

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