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Comment
partir à Compostelle
(les
rubriques suivantes sont en partie extraites du
recueil " Partir à Compostelle, manuel pratique
")
Itinéraires
- orientation - balisage
La
question préalable généralement posée est de savoir
comment on peut se déplacer à pied sur de très longues
distances sans avoir de connaissance du terrain.
La
réponse est simple, car, sur les quatre voies historiques,
le balisage des chemins, les guides d'itinéraires
ou topo-guides vont permettre à tous de s'orienter
sans risque.
Il
faut pourtant noter que les quatre voies ne sont
pas équivalentes à ce propos.
La
voie du Puy jusqu'à Compostelle est un GR balisé
par la Fédération Française de Randonnée Pédestre
et ne pose aucun problème d'orientation. En complément,
plusieurs éditions de guides d'itinéraires permettent
d'y cheminer avec aisance.
La
voie d'Arles est un GR et fait aussi l'objet d'un
balisage et d'un guide d'itinéraire.
La
voie de Vézelay est presque intégralement balisée
et fait l'objet d'un guide très précis de son itinéraire,
qui permet de s'y orienter sans difficulté. Ce guide
a été réalisé par l'Association des Amis de Saint
Jacques de la voie de Vézelay.
La
voie de Tours n'est pas encore balisée, mais deux
guides de l'itinéraire existent qui couvrent le
trajet de Paris à Roncevaux.
Hébergement
Du
Puy-en-Velay à Compostelle, les solutions d'hébergement
sont variées et nombreuses. On trouve en particulier
de nombreux gîtes d'étape ou de "pèlerins".
Que ce soit sur la portion française ou espagnole,
les localités riveraines et d'autres initiatives,
laïques ou non, ont le souci de ne laisser personne
sans abri, même au cours de la période d'afflux
du 15 juillet au 15 août. Durant cette période de
haute fréquentation, en France, les gîtes d'étape
acceptent les réservations, mais certains, depuis
peu sur la voie du Puy, la refusent aux groupes.
Sur
la voie du Puy-en-Velay, deux recueils permettent
de connaître tous les hébergements et lieux de ravitaillement
existants, portion française et portion espagnole.
Ne vous laissez pas influencer par leur titre burlesque,
les " miam-miam-dodo-dodo " sont la haute
référence dans ce domaine et remis à jour chaque
année.
Sur
les voies de Tours, Vézelay et Arles, les solutions
d'hébergement sont localement moins nombreuses et
moins adaptées aux pèlerins. Pour le moment, l'offre
y est essentiellement tournée vers le tourisme afin
d'offrir un confort élevé, et malheureusement, bien
que justifiés, des prix en conséquence. Sur ces
voies, l'option du camping pourra faciliter la progression
et la maîtrise du budget.
Les
personnes équipées pour camper rencontreront moins
de difficultés pour trouver une place, ceci quelle
que soit la période ou la voie empruntée.
L'aspect
physique de ce projet
Il
faut dire d'abord que, sur les chemins de Saint-Jacques,
aucune règle n'impose une longueur d'étape ou une
vitesse de marche. Vous êtes totalement libre de
régler votre voyage à votre rythme et selon vos
souhaits. Vous êtes seul maître à bord.
Il
reste que la fréquence des hébergements en jouant
sur la longueur des étapes va, selon la voie choisie,
nécessiter plus ou moins d'efforts physiques.
Sur
la voie du Puy-en-Velay, la fréquence des hébergements,
pèlerins en particulier, vous laissera libre d'une
progression à votre rythme. Leur nombre permet la
plupart du temps de choisir votre longueur d'étape.
Vous aurez ainsi la possibilité d'y démarrer en
douceur.
Sur
les autres voies, la fréquence et le type des hébergements
n'offrent, pour l'instant, pas la même facilité.
Il reste bien entendu la possibilité d'utiliser
parfois les hôtels et chambres d'hôtes, selon votre
budget.
Marche
à pied et préparation physique
En
encouragement de départ, sachez que la marche, si
elle est correctement gérée, en particulier au début
de votre voyage, ne sera pas un obstacle, ceci quel
que soit votre niveau physique préalable.
Cependant,
la marche longue ne s'aborde pas comme une randonnée
de week-end où l'effort se limite à quelques heures,
et où tous les excès sont possibles, puisque la
voiture attend pour vous ramener chez vous. En marche
longue, l'arrivée d'une cloque au pied, ou pire,
d'une tendinite, annonce la souffrance qui commence
pour une durée indéterminée. Outre la blessure,
vous risquez bien entendu l'arrêt de votre projet.
Il
existe des méthodes pour marcher au long cours et
surtout pour la préparer. Les connaître permet de
placer toutes les chances de son côté avant d'entreprendre
un tel projet. Vous trouverez, sous le titre "
Partir à Compostelle,
manuel pratique " un recueil de l'ensemble
de ces méthodes et tous les conseils associés.
S'il
est néanmoins un conseil essentiel, le voici : gardez-vous
bien d'attaquer trop fort et réservez-vous durant
les premiers temps de marche.
Choix
du matériel
On
ne s'en rend compte qu'après avoir commis une erreur
de sélection, mais le choix du matériel détermine,
pour partie, la réussite de ce type de projet.
Le
matériel va favoriser votre aisance, ou à l'inverse
vous freiner, voire vous handicaper. Surtout, le
choix de votre matériel contribuera à prévenir toutes
blessures.
Nous
ne sommes pas tous égaux par la sensibilité de nos
pieds.
Certains
voient apparaître des cloques aux pieds presque
quasi systématiquement en randonnée, même faiblement
chargés.
Sachez
que la combinaison d'une méthode de marche et d'un
équipement qui vous est adapté évite avec certitude
toute blessure: cloques, tendinites et autres.
Paquetage
La
quantité étant inconsciemment synonyme de sécurité,
le volume emporté est facilement majoré quand le
voyage à pied est une nouvelle expérience.
Evidement,
le poids est un paramètre aggravant lorsqu'on a
peu d'expérience, et particulièrement les premiers
jours où l'on se trouve plus exposé aux blessures.
Cela
conduit au paradoxe suivant: les personnes les plus
exposées aux blessures emportent généralement un
sac lourd.
La
surcharge entraîne des effets physiques durables
ou des blessures, mais hélas aussi vous accapare
en permanence sur la seule difficulté du portage.
Ne vous privez pas de cheminer avec aisance en partant
avec un sac léger.
Le
conseil d'une liste de paquetage n'est pas facile,
car de nombreuses listes, toutes différentes, sont
déjà disponibles dans la littérature. A l'évidence,
le seul conseil pertinent dans ce domaine est celui
de la liste minimum, la seule sur laquelle un consensus
pourrait exister. Pour les ajouts indispensables,
chacun a son idée et ces idées sont toutes différentes...
Ne
suivez surtout pas ces conseils du petit bout de
ficelle, qui peut toujours servir et ne pèse rien,
car ils vous mènent droit à la surcharge inutile.
Vous ne partez pas en montagne ni dans le désert,
vous n'avez donc pas besoin de tout prévoir et tout
emporter. Sur le chemin de Saint-Jacques, vous croiserez
chaque jour 10 commerces où trouver un bout de ficelle
ou un violoncelle alto.
Méfiez-vous
aussi comme de la peste du couteau suisse avec toutes
ses fonctions. Si vous portez votre paquetage, alors
votre ennemi sera le poids.
Lorsque
vous pousserez la porte d'une Poste, voyant pointer
votre mine rougie et en sueur, les postiers vous
proposeront immédiatement une boite pour réexpédier
votre trop plein, ceci avant que vous n'ayez expliqué
votre besoin. Sur le chemin de Saint-Jacques, les
postiers ont l'habitude, ils voient cela tous les
jours.
Un
paquetage léger, mais bien conçu, vous fera traverser
sans dommages les intempéries et les aléas de voyage
pour vous mener jusque là-bas, au bout des terres
émergées.
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