Voie du col de Paü / puerto del Palo (Blasco)

 

     

 

                             BLASCO Gérard - L'antique chemin pyrénéen de Compostelle,

     de Lescun à Hecho par le col de Paü. (FRA. Pau, Pyrémonde / Cressé, Régionalismes. 2011)

 

  cartes : V.Pau crt (Blasco)

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  Premièree étape : LESCUN - HECHO - 11h 10

 

- LESCUN - REFUGIO DE LA MINA - 6 heures

 

  hébergement à Lescun :

- gîte Asserquet-Lapassat: 05 59 34 76 64

- gîte Rando'Plume: 05 59 34 79 14

- gîte Poni: 05 59 34 57 32

- gîte Toulou: 05 59 34 50 70

- hôtel du pic d'Anie: 05 59 34 71 54

- camping communal du Lauzart: 05 59 34 51 77

 

  Il faut gagner le plateau de Labrénère pour prendre le chemin menant au col de Paü. Tous deux, plateau et col, sont bien indiqués dès la sortie du village, et le balisage suffisant tout au long de la petite route qui y monte en lacets.

  Il faut compter environ 1 h 30 pour arriver au plateau de Labrénère. En fin de parcours, la route se divise: droit devant soi, ce n'est plus qu'une piste caillouteuse, cependant que la route bien goudronnée se prolonge à droite et grimpe par un virage en épingle à cheveux.

  C'est la piste qu'il faut suivre, et elle débouche quelques centaines de mètres plus loin sur le plateau. Là, un panneau jaune indique aux pèlerins et randonneurs qu'ils atteindront le col de Paü après 2 h 45 de marche en suivant le GR 65.3.

 

  On pourra compter moins de 2 heures pour la descente jusqu'au refuge de la Mina. Le chemin principal pour descendre vers la Mina (c'est désormais le 65.3.3) s'ouvre à main gauche. Un autre, droit devant nous, prend au plus pentu dans la prairie pour passer par Las Foyas. Le chemin que nous suivons, à gauche donc, est traditionnellement considéré comme étant la Voie romaine. Un peu plus bas, il se divise, et, à main droite, reprend l'itinéraire de Las Foyas. On continue toujours à main gauche, sur la calzada romana, et c'est à gauche de ce chemin qu'on pourra découvrir, un peu plus loin, au milieu de splendides pâturages, les ruines du dolmen du col de Paü. De très belles prairies, où la marche semblera peut-être longue à certains, car la déclivité du terrain y est faible, parfois même il faut remonter un peu, mais juste avant d'atteindre la Mina, la pente se fait plus raide, et on découvrira, fragiles vestiges encore inscrits dans la chair même de la montagne, comme d'immémoriales scarifications, les lacets un peu effacés de la Voie romaine.

  La Mina est le point de départ de nombreuses randonnées. Un grand panneau, avec toujours quelques véhicules garés autour, permet à chacun de se situer. À main gauche, le chemin suit la rive droite du río Aragón, et monte vers le plateau d'Aguas Tuertas, jalonné de mégalithes. Il faut prendre à main droite le chemin qui descend vers la vallée, passer le petit pont sur le río, et rejoindre la route pour parvenir trois kilomètres plus bas, moins d'une heure de marche, à l'aire de repos de la Selva de Oza.

 

- LA MINA - CAMPING SELVADE OZA - 0 h.40

 

  Les bâtiments de l'ancien camping municipal sont inoccupés depuis longtemps et ne permettent guère d'accueillir décemment des pèlerins. La municipalité de Hecho est consciente de cela, et espère pouvoir débloquer des fonds réservés à l'aménagement des chemins de Compostelle pour y remédier. Les choses devraient donc changer dans un proche avenir. On ne saurait trop recommander aux jacquets désirant faire étape à Oza de prendre contact avant leur départ avec l'Office du Tourisme de Hecho (0034) (974 375 505) ou la Mairie (974 375 002).

  C'est en contrebas de ces bâtiments qu'on trouvera les ruines du dolmen del Camping, ou, pour rêver un peu, du dolmen de Roland.

 

  Oza.

- Aire de repos et de pique-nique, où on peut se rafraîchir et se restaurer dans le bar forestier, sur le côté droit de la route. Ouvert à partir du mois de Mai.

 

- SELVA DE OZA - SIRESA 4h. / HECHO 4h.30

 

  Mais c'est à gauche de la route que le chemin traditionnel pour Compostelle se poursuivra. On quitte donc la route, et on traverse le terre-plein en direction du Campamento Juvenil Ramiro el Monje, un camp de vacances pour enfants et adolescents. À main droite, un peu avant le camp, on apercevra, indiqués par un panneau

explicatif, la motte d'un tumulus et les ruines du dolmen del Campamento. C'est là, entre l'éminence mégalithique et la route qu'on trouve un chemin qui s'enfonce dans le bois, avec le panneau indiquant le GR

65.3.3 et la direction Siresa  Hecho.

  Le chemin s'éloigne du río Aragón et grimpe un peu à flanc de montagne. Trente minutes plus tard, il redescend sur une vire à droite, et on franchit sur un petit pont de bois le barranco de Espata. Un panneau juste avant le pont (mais dont il manque à ce jour une partie); y lire: Camino a puente de Sil

 

- 0 h 50  depuis le camping d'Oza. Quelques ruines de mur et un chemin parfois bien large et plat dont on peut voir le soubassement fait d'un bel appareillage de pierres. Tout cela laisse supposer qu'autrefois, c'était là une voie plus importante. C'est d'ailleurs dans ce secteur que les historiens situent les ruines de la vraie tour d'Isil

- 1 h 10. Passage un petit peu délicat marqué par des piquets et une corde tendue.

- 1 h. 15. On arrive à un second pont. Celui-ci, le pont d'Isil, est beaucoup plus important, puisqu'il enjambe le rio Aragón et rejoint la route. On ne traversera pas. Un panneau, à main gauche, nous indique Hecho /Siresa GR 65.3.3. Des sortes de marches dans la roche nous amènent au bord de l'eau. Le chemin suit la rive sur quelques mètres, puis s'en écarte en remontant une fois encore dans le sous-bois. En période de crue, ce passage se fait souvent les pieds dans l'eau. La pente est assez raide, droite. L'ascension des derniers mètres est facilitée par des marches taillées dans le sol et consolidées par des rondins de bois.

- 1 h.40. On arrive au barranco Jardín. Marque rouge et blanche sur un rocher à gauche. Le chemin reprend de l'autre côté, un peu à droite, pas très visible, les taillis du sous-bois donnant directement sur la rive. Il faut ici mettre en garde les pèlerins, car si ce barranco est aisément guéable en été durant la saison sèche, il peut être impossible à franchir un peu plus tôt à la fonte des neiges, ou par temps d'orage et gros d'eau. Il faut alors retourner sur ses pas jusqu'au pont d'Isil , et descendre par la route jusqu'au Campamento San Juan de Dios.

- 1 h.55. Par le sous-bois, on arrive à ce Campamento à l'abandon. On traverse son aire jusqu'au portail. On passe un petit pont métallique au-dessus du río Aragón, et on traverse la route pour gagner le terre-plein de l'autre côté.

  À main droite se trouve un modeste refuge forestier, et à gauche un petit panneau jaune indiquant la Via romana. On s'engage là pour une balade magnifique et sans difficultés. Les trois kilomètres de la Voie romaine seront parcourus en moins d'une heure, même en s'accordant le temps d'admirer l'ouvrage et la vieille tour d'armes.

 

  On quitte la Voie romaine, et on redescend sur la route.

  On peut alors revenir quelques centaines de mètres en arrière pour parvenir au musée du mégalithisme, où un snack-bar a été ouvert au rez-de-chaussée. De l'autre côté de la route, une fontaine avec un abreuvoir permettra de refaire provision d'eau.

 

  De la Voie romaine à Siresa, il y a six kilomètres à parcourir sur la route.

  

  Siresa :

- auberge (974 375 385)

- Hotel Castillo d'Acher (974 375 313 ou 974 375 113).

 

  Sinon, il restera encore deux kilomètres pour arriver à Hecho.

 

  Hecho:

- auberge à l'entrée du village (974 375 361).

- plusieurs hôtels dans le village

- camping.

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  Deuxième étape: HECHO - BERDÛN - 9 heures

 

- HECHO - ermita de NABASAL - 4 h

 

  On quitte Hecho par la route principale qui traverse le village (et mène, quelques vingt kilomètres plus loin, au carrefour de Puente la Reina de Jaca, vers les directions de Jaca, Pampelune et Huesca).

 

- 0h.10. On quitte cette route pour prendre, à main droite, un sentier indiqué par un panneau de bois gravé du symbole de Compostelle et la direction de Biniés.

- 0h.15. On continue sur ce chemin et on laisse, à main gauche, un magnifique et pittoresque pont romain au dessus du río Aragón Subordán.

- 0h. 45. Après avoir grimpé sur quelques centaines de mètres, on vire à main droite, et on descend vers un barranco qu'on franchit sur un autre petit pont, mais plus récent celui-là, et coulé dans un triste béton.

- 0h. 50. Le chemin monte à nouveau, et on arrive devant un deuxième panneau en bois indiquant à droite la direction Los Artoles/Santificatero, et droit devant Biniés/Santiago.

- 1 h. 10. On continue de grimper jusqu'au magnifique passage rocheux de Los Acharons. LaVoie romaine s'affirme ici avec plus de netteté. Un muret de pierres fait de ce passage un véritable belvédère où le pèlerin pourra s'arrêter un instant et jeter un regard en arrière afin de considérer le formidable chemin parcouru en deux jours. Le río Aragón serpente tout en bas, nonchalamment, cependant que le village de Hecho, au fond, estompé encore un peu par la brume matinale, ouvre après lui la vallée d'Oza et la somptueuse et redoutable barrière des Pyrénées, franchie la veille ...

  En franchissant ce passage rocheux,  on  quitte la vallée du río Aragón pour celle du río Beral, menant de Ansó à Berdún. Encore quelques heures de marche dans cette relativement haute Sierra de los Dos Ríos.

- 1 h. 45. On laisse à main droite, au fond d'une belle prairie, les ruines de la borda de Soto.

 

- 2 h. 00. On débouche sur un beau plateau, carrefour de plusieurs chemins. À main droite Los Artoles et las Cuevas de Susei, à main gauche un chemin rejoint Embún, et droit devant toujours Biniés et Santiago. C'est une large et horizontale sente qui s'offre alors aux pas du pèlerin, une allée reposante où il pourra trouver de l'eau, dix minutes plus tard, à hauteur d'une pierre incluse dans le chemin, et marquée aux couleurs rouge et blanche du GR. En contrebas du chemin, à droite, un édicule de pierre recèle une fontaine. Trente mètres plus loin, une autre bifurcation avec un nouveau panneau de bois indiquant Biniés/Santiago. Le chemin s'enfonce alors dans une partie plus boisée, encombrée çà et là d'arbres tombés.

- 2 h. 30. La partie boisée s'ouvre alors sur une sorte de raillère schisteuse dont la pente rend le passage délicat mais pas vraiment dangereux. Le bâton du pèlerin suffira amplement à maintenir l'équilibre. Le chemin apparaît une trentaine de mètres plus loin dans le sous-bois.

- 2 h. 35. Nouveau panneau indiquant le GR.65.3/Santiago.

- 3 h. 40. Le "bénitier". Une pittoresque et naturelle cuvette dans un vénérable tronc d'arbre, droite du chemin, le plus souvent remplie d'eau, même au plus chaud de l'été. Un bénitier pour les pèlerins, peut-être, et, parfois, un abreuvoir inespéré pour les chiens...

 

- 4 h. 00 mn. Le chemin débouche sur le plateau de Navasal que l'on peut traverser droit devant soi, en ignorant la large piste, à main droite, qui descend vers le rio Beral et la route menant à Biniés, ou bien contourner, à main gauche, si on veut suivre le chemin traditionnel qui survit encore un peu là, envahi d'herbes et de ronces, bordé à main droite d'un muret en grande partie ruiné.

  On aperçoit, au milieu à presque du plateau, sur un modeste tertre herbeux, un petit édifice en ruine dont le chevet arrondi avoue son caractère religieux, et nous indique qu'il s'agissait là de l'ancien ermitage de Navasal. Ruines prégnantes dans leur simplicité et leur abandon, qui nous rappellent qu'ici même fut élevé un des plus anciens édifices religieux d'Aragón, en 570, durant la période wisigothique, le monastère Santos Julian y Basilisa de Navasal. Une photographie aérienne du plateau permettrait peut-être d'en repérer les traces au sol. Sur notre gauche les ruines d'une borda, d'une grange.

 

- ermita de NABASAL - BINIÉS - 4 h

 

  Le chemin, plus large, se poursuit de l'autre côté du plateau.

- 4 h. 30. La piste se divise ensuite en deux, prendre à main gauche.

- 4 h 35 mn. On arrive à la Casa Capeta, une ancienne et très modeste maison de paysan en ces lieux retirés, mais relativement peuplés autrefois. Elle fut la dernière à être abandonnée par ses occupants, il y a une trentaine d'années de cela. On laisse là la piste qui continue à gauche et un peu au-dessus de la Casa Capeta, et on prend le sentier qui descend vers cette maison encore en bon état. Mais avant d'accéder à la petite cour devant la porte, on prend résolument à droite, et on continue de descendre sur un sentier bordé par le mur des terrasses et anciens jardins qui rejoignent en contrebas de la casa le lit caillouteux d'un río le plus souvent à sec.

  On remonte ce dernier sur quelques mètres, et on le traverse pour retrouver le chemin (marques rouge et blanche sur un tronc) qui grimpe ensuite, prend de la hauteur et se poursuit, parallèle à la Foz de Biniés, qui, plus loin, à main droite, offre à ceux qui empruntent la route carrossable son défilé de gorges aussi impressionnant que la Boca del Infierno. Les falaises ocre rouge que l'on aperçoit à main droite dominent le barranco de Miguel où furent découvertes quelques sommaires peintures protohistoriques, dans un abri sous roche, pouvant être rapprochées de "l'Homme d'Aydius", en vallée d'Aspe, datées approximativement de quatre mille ans.

 

- 7 h 00 mn. La "brèche", l'Achar de Biniés comme on l'appelle ici. Après une longue descente sur une piste balisée sur relief rocheux par des marques rouge et blanche et de nombreux cairns, on franchit cette brèche, ce passage taillé dans une formidable barrière rocheuse. Plus bas, à droite, on aperçoit la route et une imposante pardina (ferme), cependant qu'au loin, juchés sur une butte comme beaucoup de villages espagnols, on distingue Biniés, et, dans un lointain un peu tremblant, Berdún.

- 7 h. 30. La dernière difficulté, identique à celle rencontrée auparavant, un passage délicat sur une pente schisteuse. Puis le chemin se poursuit vers Biniés, longé par un canal d'irrigation à main droite, pour des jardins et de très nombreux vergers.

- 7 h. 40 mn. Ultime panneau indiquant le Camino de Santiago qu'on vient d'emprunter. On se retrouve sur une piste accessible désormais aux voitures, et bientôt sur la route menant au village juste au-dessus de nous.

- 8 h. 00. Biniés.

 

   Biniés :

- Cet agréable village, qui possède église et château, n'offre malheureusement aucune structure d'accueil pour les pèlerins. Il n'y a qu'un seul bar, et il n'ouvre sa porte que tard le soir, et encore pas tous les soirs ... Reste la fontaine au beau milieu de la place. Il y a cependant quelques chambres d'hôtes (902 294 141 ou 646 591 537).

 

- BINIÉS - BERDÚN - 1 h

 

  Sinon il faut prendre la direction de Berdún, et faire, sur la route cette fois, les quatre derniers kilomètres de cette longue étape. Le chemin traditionnel prenait à main droite, un peu plus loin, mais il a été perdu, effacé par les champs et les cultures.

- 9 h. 00 mn. Berdún. Les pèlerins retrouveront ici le chemin traditionnel de Saint-Jacques de Compostelle passant par Jaca ou San Juan de la Peña. (*)

 

   (*) Note personnelle :

  en fait, depuis le bas de Berdún, il faut traverser la N-240 et continuer tout droit pour traverser le río Aragón

et rejoindre l'itinéraire balisé du GR-653 vers Mianos, Artieda, Ruesta, Undués de Lerda, Sangüesa.

 

  Berdún :

- Hostal Rincon de Emilio, auberge pour les pèlerins (0034 974 371 715).

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  On peut dire en guise de conclusion que cette étape est assez longue, et sans doute éprouvante pour des marcheurs ayant franchi les Pyrénées la veille, et qui ne seraient pas vraiment préparés à ce genre de parcours. On peut conseiller dès lors de rejoindre Berdún depuis Lescun en trois jours, avec une étape Oza - Hecho. Cela divise un peu les distances, bien sûr, et permet de récupérer un peu.

 

  I! faut compter environ 9 heures pour atteindre Berdûn depuis Hecho. Sur ces 9 heures, nous avons, de notre côté, consacré 1 h. 30 au repas, pauses et à la réfection de quelques cairns.

 

  Depuis Hecho jusqu'au plateau de Navasal, le Camino est bien balisé, bien évident au sol également, et ne pose aucun problème pour le pèlerin.

 

  Il n'en allait pas de même, jusqu'à aujourd'hui, pour la dernière partie montagneuse de cette étape menant à Biniés, à travers la Sierra de Los Dos Ríos.

 

  Cependant, la prise de conscience de ces diverses difficultés - balisage insuffisant, ou caché par la végétation, chemin perdu ou confondu avec ceux des chèvres et des moutons qui paissent dans ces lieux, gîtes d'étapes -, par les personnes et associations intéressées par la réouverture et la fréquentation de cet ancien Camino de Santiago, devrait dans un tout proche avenir rendre cette fin de parcours aussi aisée et sécurisée que la première. Côté espagnol on espère obtenir officiellement des fonds pour résoudre tous ces problèmes, mais l'argent ne sera pas débloqué si la demande et la fréquentation jacquaire ne se révèlent pas suffisantes. C'est le pèlerin qui fait aussi le chemin ...

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                                                                       18/11/2013

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